DISCOURS DU PRESIDENT DU FASO, A L’OUVERTURE DU DEUXIEME SOMMET DE LA LIGUE AFRICAINE DES WEB ACTIVISTES ET BLOGUEURS POUR LA DEMOCRATIE

DISCOURS DU PRESIDENT DU FASO, A L’OUVERTURE DU DEUXIEME SOMMET DE LA LIGUE AFRICAINE DES WEB ACTIVISTES ET BLOGUEURS POUR LA DEMOCRATIE- Ouagadougou, 22 juin 2018

Monsieur le Premier Ministre
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution
Distinguées Personnalités
Excellences, Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement
Chers conférenciers
Mesdames et Messieurs
L’ouverture à Ouagadougou, du 2ème forum des blogueurs et Web activistes du continent africain m’offre l’agréable occasion de saluer l’ensemble des participants ici présents et de rendre un vibrant hommage aux blogueurs et web activistes africains pour leur présence active sur la toile.
Je m’en voudrais de ne pas saluer particulièrement le coordonnateur d’AFRICTIVISTES, Monsieur Cheikh FALL et reconnaitre ses efforts inlassables de professionnalisation des blogueurs et des Web activistes du continent.
Ce forum qui se tient dans un contexte marqué par un engouement croissant des citoyens pour les réseaux sociaux est d’une importance capitale en ce sens qu’il offre un cadre exceptionnel aux participants de croiser leurs regards sur les défis majeurs qu’imposent ces nouveaux médias.
Le thème de votre rencontre « De la démocratie numérique en Afrique : quel mécanisme de collaboration entre gouvernement et acteurs de la société civile ? », en dit long sur votre volonté affichée de contribuer par vos suggestions, vos interpellations et votre exercice de veille citoyenne, à l’édification d’une gouvernance vertueuse sur les plans politique, économique et social dans nos pays.
Pendant deux jours, vous passerez en revue différentes thématiques avec un important volet consacré à l’apport des données ouvertes pour une meilleure gouvernance.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Depuis 2006, les réseaux sociaux sont omniprésents dans notre vie quotidienne et le nombre d’abonnés n’a de cesse d’augmenter de façon exponentielle tenant ainsi la dragée haute aux médias et au journalisme classiques longtemps détenteurs du monopole du traitement et de la diffusion de l’information.
A l’ère du numérique, les activistes et blogueurs sont devenus des informateurs de première main et contribuent ainsi à donner forme à l’opinion publique.
Espace de rencontres, d’échanges et de partages, les réseaux sociaux ont fait véritablement du monde un village planétaire, brisant ainsi les distances entre les individus, et les nations.
C’est pourquoi, je voudrais saisir cette occasion pour saluer à sa juste valeur votre contribution à la consolidation de l’Etat de droit, à la promotion des droits humains et l’amélioration de la gouvernance en Afrique.
Cependant, je ne saurais passer sous silence la responsabilité qui est la vôtre de développer les bonnes pratiques chez tous les internautes.
Facebook et twitter ne peuvent être considérés comme des espaces de non-droits ou des instruments de subversion ou de nuisance à la disposition d’acteurs mal intentionnés.
Vous devez vous gardez de donner dans la désinformation et la manipulation, toutes choses qui peuvent mettre à rude épreuve la paix, la sécurité et le vivre ensemble.
Seuls votre professionnalisme et votre intégrité seront les gages de votre crédibilité, et de l’efficacité de votre action citoyenne à travers la toile.
C’est pourquoi j’apprécie et salue ce forum qui permet d’offrir un cadre de sensibilisation et de formation à vos membres pour une saine utilisation des réseaux sociaux.
En souhaitant un excellent séjour à toutes et à tous, je déclare ouverts les travaux du 2ème sommet de la ligue africaine des web activistes et des blogueurs pour la démocratie.

Plein succès à vos travaux.
Je vous remercie.

Déclaration du Président du Faso suite aux attaques terroristes du 02 mars 2018

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes

Ce Vendredi 02 Mars aux environs de 10 heures, le peuple burkinabè a été victime d’une attaque barbare, en plein cœur de sa capitale, à l’Etat-major général des Armées et à l’Ambassade de France.
Une fois encore, les forces du mal, les ennemis de la liberté, de la démocratie, de la Justice et de la prospérité ont tenté de semer la désolation dans notre pays en tuant et en blessant dans la cruauté absolue, des Burkinabè qui font quotidiennement la fierté de notre Nation.
Au nom du Peuple burkinabè, du Gouvernement, et à mon nom personnel, je rends hommage à toutes les victimes et à tous les blessés de cette attaque inhumaine. Aux familles éplorées, j’adresse les condoléances de la Nation et j’exprime toute ma solidarité.
A tous les blessés admis dans les centres de soins, je formule mes vœux de prompt rétablissement.
C’est le lieu pour moi d’adresser mes encouragements à nos vaillantes forces de défense et de sécurité qui ont mis hors d’état de nuire les ennemis de la Nation.
Je réitère mes encouragements au personnel médical et à toutes les bonnes volontés pour leur mobilisation exemplaire.
Je voudrais inviter les populations à renforcer la collaboration avec nos Forces de Défense et de Sécurité dans notre lutte commune contre le terrorisme.
Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes
Rien, absolument rien, ne peut justifier un tel acharnement aveugle contre l’Etat burkinabè, ses institutions et les valeureuses populations éprises de paix, de démocratie, de justice et de progrès. Ni la quête du pouvoir, ni la cupidité, ni la vengeance, ni aucune valeur philosophique ou spirituelle, autant que la recherche effrénée de la gloire et des honneurs, ne peuvent justifier de telles forfaitures contre un peuple paisible qui n’aspire qu’à la prospérité.
En ces moments d’épreuves, je voudrais réaffirmer à l’Afrique et au monde entier ma foi inébranlable en la capacité du Peuple burkinabè à préserver sa dignité et à opposer une résistance farouche à ses ennemis tant intérieurs qu’extérieurs.
C’est pourquoi, face à l’adversité, nous devons rester mobilisés comme un seul homme, tout en restant intransigeant pour défendre notre vivre ensemble.
Chacune et chacun de nous doit assumer son rôle et son passé, dans l’humilité, pour continuer à mériter la reconnaissance des générations présentes et futures.
Cela nous impose un engagement collectif sans faille et des sacrifices à consentir à tous les niveaux pour notre devenir commun.
Pour ma part, je réaffirme mon attachement à la démocratie, à la justice et au progrès. Je veillerai à ce qu’il en soit ainsi.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso.

DECLARATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABORE PRESIDENT DU BURKINA FASO

DECLARATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABORE PRESIDENT DU BURKINA FASO 17 février 2018 Mesdames et Messieurs, Distingués participants, Le Forum de Munich sur la sécurité s’est, au fil du temps, imposé comme un rendez-vous majeur de l’agenda international sur les questions de paix et de sécurité dans le monde. C’est avec un réel plaisir que j’y prends part pour la première fois afin d’apporter ma contribution à la réflexion commune sur les voies et moyens de garantir un environnement plus sûr et de plein épanouissement pour tous. Mesdames et Messieurs « Sécuriser le Sahel », voilà aujourd’hui l’une des préoccupations majeures des pays de cette région à l’Ouest de l’Afrique et de l’ensemble de la communauté internationale. Depuis quelques années, les pays du Sahel sont confrontés à de nouvelles menaces, en l’occurrence le terrorisme, les trafics illicites de tous genres et l’extrémisme violent. L’existence de vastes territoires où le contrôle de l’État est insuffisant, et la difficulté de surveillance de frontières étendues et extrêmement poreuses, favorisent en effet la présence de groupes terroristes et la pénétration de tous types d'organisations criminelles et de trafics illégaux dans la région. L’effondrement de la Libye a eu pour conséquence d’exacerber les trafics d'armes et de personnes, le narcotrafic et le terrorisme impulsé par les groupes se réclamant de la branche d'Al Qaïda pour le Maghreb Islamique ou de l’Etat Islamique, et des rébellions politico-identitaires. Comment combattre avec efficacité ces fléaux, afin de permettre aux Gouvernements et aux populations de consacrer leurs énergies et d’affecter leurs ressources au développement ? A cet égard, il est d’abord impératif, en lien avec la communauté internationale, de mettre urgemment fin à la déliquescence de l’Etat libyen, en restaurant son autorité sur l’ensemble de son territoire. Au niveau de la zone du Sahel, nous devons allier la recherche de la sécurité au développement, conscients et convaincus qu’aucune politique de développement ne peut prospérer dans un contexte de trafics, d’insécurité et d’instabilité, et que la paix durable est tributaire de la prospérité et du développement. Victime d’attaques terroristes depuis 2015, le Burkina Faso a pris la pleine mesure de la gravité de la situation. C’est pourquoi, pour faire face à ce défi, notre pays a accéléré le renforcement des capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité, ainsi que leur présence sur le terrain, notamment au Nord. Par ailleurs, le Gouvernement a lancé un Programme d’urgence pour le Sahel. Ce programme de réalisations d’infrastructures socio-économiques, de création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, vise à améliorer les conditions de vie des populations de la zone, et à faire reculer la pauvreté. Il s’agit ainsi de tarir les principales sources nourricières des réseaux mafieux et terroristes que sont la pauvreté, le désœuvrement et l’ignorance. L’objectif visé par ces groupes dans la sous-région, en s’attaquant aux symboles des Etats, est d’obliger ceux-ci à renoncer à leurs prérogatives de puissance publique, donc à perdre progressivement leur souveraineté sur une partie de leur territoire. La création du G5-Sahel, composé du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad et du Burkina Faso, ainsi que la mise en place d’une Force conjointe de 5000 hommes et d’un Programme d’Investissements Prioritaires (PIP), constituent la réponse la plus appropriée des pays de la zone aux défis sécuritaires et de développement communs. La mutualisation de nos ressources, le partage de renseignements, la coopération avec les autres opérations en présence, en l’occurrence la Force française Barkhane et la Mission des Nations Unies pour le Mali (MINUSMA), permettront, j’en suis convaincu, de neutraliser toutes les forces obscurantistes et irrédentistes afin de rétablir la sécurité, indispensable à la quiétude des populations. La communauté internationale n’est pas en reste. Je voudrais à cet égard souligner l’engagement à nos côtés de l’Union africaine et le soutien de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux. Il convient de noter en particulier l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU, des résolutions 2359 du 21 juin 2017, et 2391 du 8 décembre 2017, qui consacrent l’endossement de la Force conjointe par les Nations Unies. Nous plaidons cependant pour que celle-ci obtienne un mandat sous chapitre 7, ce qui lui permettra de remplir sa mission avec plus d’efficacité. Distingués participants Comme vous pouvez le constater, en dépit des nombreuses difficultés auxquelles nous sommes confrontés, notre volonté et notre détermination dans la lutte contre le terrorisme sont inébranlables. Je suis convaincu que la conférence de haut niveau sur le Sahel, qui aura lieu le 23 février prochain à Bruxelles, permettra d’élargir et de renforcer les sources de financement de la Force conjointe, tout en les rendant durables et prévisibles. Car au-delà de la région du Sahel, nous devons nous convaincre que le terrorisme est un défi commun, un fléau mondial qui se joue des frontières. Distingués panélistes et participants Pour terminer mon propos, permettez-moi de réitérer avec force et conviction qu’aucune solution durable, encore moins pérenne, au phénomène du terrorisme, à l’extrémisme et aux trafics illicites n’est possible sans le développement. Sécurité et développement sont les deux faces d’une même médaille ; d’où la nécessité d’une approche et d’une réponse globales. La sécurité du sahel est la sécurité de l’Afrique et celle du monde. Plus que jamais, nous devons donc rester unis et solidaires pour faire du Sahel une zone de sécurité, de stabilité et de développement. Je vous remercie !

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABORE PRESIDENT DU BURKINA FASO A L’OCCASION DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE DU PARTENARIAT MONDIAL POUR L’EDUCATION A DAKAR THEME : « UN INVESTISSEMENT POUR L’AVENIR »

Excellences Messieurs les co-présidents, Macky SALL, Président de la République du Sénégal et Emmanuel MACRON, Président de la République Française Excellences, Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de Gouvernement Madame Julia GILLARD, Présidente du Conseil d’Administration du Partenariat Mondial pour l’Education Monsieur le président de la Banque mondiale Distingués participants Mesdames et Messieurs Je voudrais d’abord remercier et féliciter les Présidents Macky SALL et Emmanuel MACRON, pour avoir assumé, en convoquant cette rencontre de Dakar, le leadership de la mobilisation visant à renforcer les capacités d’action actuelles et futures du Partenariat Mondial pour l’Education. Aujourd’hui, il s’agit pour nous de rechercher ensemble les voies et moyens de résorber la crise que traverse l’éducation dans nos pays, notamment en mobilisant des moyens suffisants au profit du Partenariat mondial pour l’Education. C’est en cela que cette troisième Conférence internationale de reconstitution des fonds revêt une importance particulière. Financer le Partenariat Mondial pour l’Education, c’est soutenir nos Etats qui, malgré d’énormes efforts consentis depuis plusieurs décennies, se trouvent encore dans l’impossibilité de scolariser la totalité des enfants en âge d’aller à l’école. S’il est une préoccupation majeure pour nos Etats, c’est donc bien celle de l’éducation et de l’offre éducative, tant en quantité qu’en qualité, quand on sait que l’ensemble des pays en développement verront leur population doubler dans les 15 à 20 prochaines années, avec pour conséquence une croissance exponentielle de la demande éducative. Une telle situation montre clairement qu’il est plus qu’urgent, qu’en matière d’éducation, nous puissions assurer dans nos Etats la mise en œuvre de véritables politiques à même de relever les défis ci-après : - la marche vers la Scolarisation Primaire Universelle, afin de permettre à chaque enfant en âge de scolarisation d’être à l’école. - la nécessaire réforme des enseignements post-primaires, afin de permettre de former plus de jeunes aux métiers. - la mise en place de véritables politiques sectorielles et multisectorielles pour l’enseignement technique et professionnel, au secondaire et au supérieur, afin de former le capital humain dont nos économies ont besoin. - la résolution durable, non seulement de la question de la pérennité du financement du secteur éducatif, mais également de sa soutenabilité. Depuis le Forum de Dakar en 2000, autant les pays en développement ont fait des efforts pour allouer plus de ressources au secteur de l’éducation, force est de constater que les engagements pris par la communauté internationale sont en deçà des attentes, avec des signes d’essoufflement perceptibles depuis 2005. Il importe donc de renforcer cours de cette rencontre notre partenariat au par le respect des engagements que nous prenons ensemble. Distingués conférenciers Mesdames et Messieurs La tenue de la présente rencontre, qui vise à mobiliser environ 3,1 milliards de dollars sur la période 2018-2020, témoigne de notre volonté commune de trouver des solutions durables pour le financement de l’éducation. Tout en étant conscients des difficultés que nous vivons actuellement, aussi bien sur le plan économique que dans le domaine sécuritaire, nous sommes convaincus que l’éducation est une des meilleures réponses. Je saisis cette opportunité pour remercier le PME pour les contributions substantielles dont a bénéficié notre pays pour le financement du secteur de l’éducation. Excellences Distingués participants Mesdames et Messieurs Faut-il le rappeler, le thème de la conférence nous interpelle. Nous avons entre les mains le sort de millions d’enfants et d’adultes en quête d’éducation et de formation de qualité. Nous n’avons pas le droit de les décevoir, car il y va de l’avenir de l’humanité. Je vous remercie !