Message à la Nation de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres à l’occasion de la Commémoration nationale des journées des 30 et 31 octobre

Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur
Vaillant Peuple insurgé d’octobre 2014
La commémoration des journées historiques des 30 et 31 octobre 2014 m’offre l’occasion de saluer la mémoire de nos martyrs tombés sur le champ d’honneur, il y’a deux ans déjà. Elle permet aussi de rappeler les responsabilités individuelles et collectives qui sont les nôtres, pour tirer les enseignements de ce douloureux épisode de notre histoire contre lequel notre vaillant peuple s’est dressé avec bravoure et succès.
C’est pourquoi, j’invite tous les Burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur, ainsi que tous les amis du Burkina Faso à avoir une pensée pieuse pour les victimes et les blessés de ces journées glorieuses qui ont permis au Peuple de reconquérir sa dignité et de donner ses chances au rétablissement et à l’approfondissement de la démocratie, de l’Etat le droit et de la justice au profit de tous. Mes encouragements et ma compassion vont aux familles des victimes et des blessés.
Cette épreuve qui nous a été imposée par les tenants du pouvoir de l’époque, est un patrimoine commun à tous les Burkinabè qui doivent se l’approprier pour construire un Burkina Faso plus démocratique et mieux gouverné.

Je voudrais, en ces journées mémorables, rendre hommage à l’ensemble des forces de progrès, qui ont contribué à l’avènement d’une ère nouvelle et au renouveau démocratique dans notre pays.
Je tiens à faire une mention spéciale à notre vaillante jeunesse et aux femmes qui n’ont ménagé aucun effort ni sacrifice pour aller au charbon, afin de rendre le changement possible.
La victoire et l’héroïsme de notre peuple, doivent être des raisons d’espérer un lendemain meilleur, pour relever le défi de la paix, de la bonne gouvernance, de la justice et de la prospérité.

Vaillant Peuple du Burkina Faso
Comme vous le savez, cette commémoration se tient aux lendemains des attaques terroristes perpétrées sur notre territoire et contre nos forces de défense et de sécurité qui se sont soldées par la mort de plusieurs de nos compatriotes, militaires et civils, et occasionné de nombreux blessés. Je m’incline respectueusement devant la mémoire de ces valeureux disparus et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.
Le Gouvernement s’est d’ores et déjà engagé à prendre les dispositions pour renforcer les capacités opérationnelles de nos Forces de Défense et de Sécurité déployées sur les frontières comme à l’intérieur de celles-ci.
C’est le lieu de réaffirmer avec force qu’autant nous devons opposer une lutte implacable contre le terrorisme sous toutes ses formes, autant nous devons être intraitables à l’égard de tous les auteurs de tentatives de déstabilisation de la démocratie et de l’Etat de droit au Burkina Faso. Je voudrais inviter tous les Burkinabè, à se ressaisir, à quitter le terrain de la critique facile et des procès d’intention pour qu’ensemble nous prenions en main notre destinée, dans le respect des lois de la République et de l’intérêt national.
Permettez-moi, de saisir cette occasion pour saluer l’Armée nationale et l’ensemble des Forces de Défense et de Sécurité qui se battent au quotidien avec honneur, dignité et discipline pour défendre les institutions de la République, l’intégrité du territoire ainsi que la paix et la quiétude de nos populations dans les villes et campagnes.
Je voudrais les encourager à relever avec professionnalisme et dévouement, le défi de la sécurité pour tous.
Tout en saluant l’attitude de nos populations qui sont restées dignes devant ces épreuves, je voudrais interpeller tous les Burkinabè à prêter main forte aux Forces de Défense et de Sécurité, par une franche collaboration afin de nous permettre de garantir la stabilité de notre pays et de sa démocratie.
Peuple du Burkina Faso
Burkinabè des villes et des campagnes
Je suis conscient de l’importance des attentes et des difficultés que rencontrent les Burkinabè dans leur ensemble pour faire face à leurs besoins quotidiens.
Aujourd’hui tous les secteurs sont prioritaires dans notre pays.
Le sens des réalités et des responsabilités commande de les hiérarchiser, étant entendu que toutes ces attentes ne peuvent être satisfaites en même temps.
Dois-je rappeler que les préoccupations qui sont celles des Burkinabè sont connues et n’ont pas fondamentalement changé depuis une trentaine d’années. Il n’est donc pas possible de prétendre, à moins d’un an, leur trouver des solutions acceptables et durables, sans se donner le temps et les moyens d’y travailler.
Il nous faut apporter des solutions durables aux problèmes structurels que nous vivons et mettre en œuvre des réformes en profondeur aussi bien sur les plans politique, économique, social et culturel.
La mise en œuvre des mesures d’urgence dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau potable, de l’emploi, l’adoption du Plan National de Développement Economique et Social, l’installation officielle de la Commission constitutionnelle, l’élaboration de la loi de finances pour le budget de l’Etat 2017 s’inscrivent toutes dans cette dynamique.
Tous les efforts et les synergies sont en cours pour faire de la Conférence des partenaires du Burkina Faso à Paris, les 7 et 8 décembre prochain, un succès pour la consolidation des acquis démocratiques et la promotion du développement.
C’est pourquoi je voudrais lancer un appel solennel à la retenue sur le front social pour donner toutes ses chances à la concertation, au dialogue et à l’engagement collectif pour remettre le pays au travail et créer les emplois et les richesses dont nous avons besoin pour garantir la prospérité à tous les habitants du Burkina Faso. Et cela est possible.
Autant les revendications pour une amélioration des conditions de vie, de travail et d’étude sont légitimes, autant nous ne devons pas perdre de vue qu’on ne peut partager ce qu’on n’a ni produit, ni créé. Il est évident que tous les mouvements sociaux et débrayages actuels auront nécessairement des conséquences sur l’économie nationale.
Les actions illégales, les violences gratuites et les incitations à des initiatives contraires aux lois de la République et aux libertés publiques ne sont pas tolérables.
Peuple du Burkina Faso
Burkinabè de l’Intérieur et de l’Extérieur
L’expérience démocratique burkinabè fait la fierté de notre Peuple et des autres Peuples d’ Afrique et du monde. Elle mérite certes d’être connue et partagée, mais elle doit surtout être assimilée par tous les acteurs au Burkina Faso, maintenant et pour toujours.
Je dois rappeler que les mesures pour apporter l’assistance et la prise en charge des pupilles de la Nation et les blessés de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 et du putsch manqué du 16 septembre 2015 constituent à cet égard un acte majeur pour inscrire dans les consciences individuelles et collectives la proscription et la condamnation unanimes des travers que le peuple a dénoncés dans le cadre de la gestion des affaires de l’Etat.
C’est pourquoi, au nom de la continuité de l’Etat, les décrets adoptés sous la Transition portant soutien social aux veuves, aux ayants droits, aux blessés et aux orphelins ont été mis en œuvre dans leur intégralité.
L’Etat veillera à l’éducation des enfants laissés par les martyrs de l’insurrection populaire et du Coup d’Etat manqué.
Indépendamment de ces mesures prises, il faut se convaincre que la finalité réside dans la justice qu’il faut rendre aux victimes afin de réconcilier les Burkinabè entre eux et avec leur histoire. C’est pourquoi j’invite la Justice à dire le droit et à rétablir chacun dans ses droits.
Dans le respect de l’indépendance de la justice, il faut souligner que plus vite toutes les affaires sensibles pendantes devant elle seront vidées, plus la paix sociale et la réconciliation seront porteuses de stabilité et de prospérité pour tous.
J’ai déjà indiqué que le retour à l’intégrité va de pair avec la tolérance zéro contre l’impunité au Burkina Faso, aussi bien pour les actions passées comme pour celles en cours ou à venir.
C’est sous le tryptique « Vérité-Justice-Réconciliation » que nous panserons nos plaies et blessures pour réussir le pardon et la réconciliation nationale véritable à laquelle je suis très attachée.
Sur un autre registre, il me plait de saluer l’initiative des enquêtes parlementaires sur la gestion du foncier et du secteur minier. Les conclusions de ces travaux serviront de base pour améliorer la gouvernance sur ces questions sensibles et importantes pour la vie des populations.

Peuple du Burkina Faso
Chers concitoyens, chères concitoyennes
Ces activités commémoratives interviennent également à un moment où la rentrée scolaire et universitaire bat son plein. Je voudrais saluer la communauté éducative nationale, notamment, les partenaires sociaux, les partenaires techniques et financiers et toutes les personnes et structures mobilisées pour garantir la qualité de l’éducation dans notre pays.
Je souhaite aux élèves et aux étudiants une excellente rentrée scolaire et académique paisible et studieuse et couronnée de succès.
Je resterai toujours attentif à toutes les initiatives pouvant contribuer à accompagner leurs efforts et je les invite à s’impliquer dans la recherche de solutions aux problèmes qu’ils vivent dans la concertation.
L’idéal défendu par les martyrs de l’insurrection populaire est l’instauration d’un véritable Etat de droit où la bonne gouvernance et les règles de la démocratie seront respectées par tous, gouvernants comme gouvernés.
Une des leçons de ces journées historiques que nous devons graver dans nos mémoires, nos comportements et nos actes au quotidien, c’est que nos martyrs sont allés jusqu’au sacrifice suprême pour défendre l’honneur et la dignité de notre Peuple. Désormais, aucun sacrifice n’est de trop pour préserver les intérêts supérieurs de la Nation.
Il nous faut retenir que ce sera à la sueur de nos fronts que nous allons construire ensemble le Burkina Faso de nos rêves.
C’est pourquoi, je voudrais inviter chaque Burkinabè à l’introspection et l’ensemble des composantes de notre société à porter cet idéal dans leur action, fier de nos traditions de luttes démocratiques et grâce à nos valeurs de dialogue, d’engagement au travail et de dignité, afin de construire une démocratie viable et apaisée.
J’invite donc chaque Burkinabè à œuvrer pour la paix, la stabilité et la prospérité de notre chère et commune Patrie.
Que nos martyrs reposent en paix
Et Que Dieu bénisse le Burkina Faso !
Je vous remercie.

Discours de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres à la cérémonie d’installation de la Commission constitutionnelle.

Excellence, Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement

Excellence, Monsieur le Président de l’Assemblée nationale

Monsieur le Représentant du Président du Conseil constitutionnel

Monsieur Jean Baptiste OUEDRAOGO Ancien Chef d’Etat du Burkina-Faso

Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution

Monsieur le Chef de file de l’Opposition politique

Messieurs les anciens Présidents de la Représentation nationale

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement

Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs de mission diplomatique et consulaire

Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales et interafricaines

Sa Majesté le Mogho Naaba Baongho

Autorités coutumières et religieuses

Monsieur le Président de la Commission constitutionnelle

Mesdames et Messieurs les membres de la Commission constitutionnelle

Distinguées personnalités

Mesdames et Messieurs

L’installation de la Commission constitutionnelle, chargée de proposer l’avant-projet de Constitution de la Vème République constitue un moment important de la vie de la nation.
Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, le passage d’une Constitution à l’autre, d’une République à l’autre, se fait sans rupture constitutionnelle et procède de la volonté du peuple insurgé qui a conduit avec succès sa transition après l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014.

Je n’oublie pas aussi que l’élaboration de la Constitution de la Vème République est un engagement de campagne que j’ai pris devant le Peuple burkinabè lors de l’élection présidentielle du 29 novembre 2015 et que je me réjouis de tenir, pour créer les conditions indispensable au renforcement de l’Etat de droit, à l’approfondissement de la démocratie et à l’amélioration de la gouvernance au Burkina Faso.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

La riche expérience politique et constitutionnelle nationale nous a donné à voir plusieurs types de régimes politiques, qui ont forgé l’histoire constitutionnelle et politique nationale.
Sous l’empire de la Constitution du 02 juin 1991, la longue période de stabilité politique essentielle à la mise en œuvre ordonnée des plans, projets et programmes de développement s’est achevée dans les conditions que vous savez, avec les drames que nous avons vécus. C’est une page douloureuse de notre histoire que nous devons tourner définitivement pour aborder l’avenir avec sérénité.
C’est donc dire qu’en matière constitutionnelle, les Burkinabè sont outillées pour choisir en toute connaissance de cause. C’est pourquoi je note avec satisfaction que les membres de la Commission constitutionnelle que nous installons ce matin sont des hommes et des femmes avertis qui ne manqueront pas de se mettre à la hauteur des attentes placées en eux pour nous proposer un texte constitutionnel consensuel et de belle facture.

Monsieur le Président
de la Commission constitutionnelle
Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs
Il nous faut des institutions fortes, qui survivent à leurs géniteurs et dont la qualité du consensus national nécessaire pour en fixer les bases, permettent de garantir leurs capacités à renforcer la cohésion sociale, à consolider l’unité nationale et à promouvoir la paix et la stabilité.
Le monde entier reste attentif à ce qui se passe au Burkina Faso. Depuis le succès de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, la résistance contre le putsch des 15 et 16 septembre 2015, la bonne tenue des élections présidentielle, législatives et municipales, la qualité de l’expérience démocratique dans notre pays est unanimement appréciée.
Ces épreuves ont montré à souhait la maturité dont notre Peuple a fait preuve ainsi que son engagement déterminé à préserver et à défendre la démocratie et ses intérêts vitaux.
Au moment où nous avons opté pour une voie originale pour mettre en place la présente Commission constitutionnelle, je voudrais vous inviter à contribuer par votre sens des responsabilités, de la concertation, du dialogue et de la préservation de la paix, à faire de l’élaboration et de l’adoption de la Constitution de la Vème République une autre victoire importante du peuple burkinabè dans sa quête de démocratie et de progrès.
Je vous convie donc à poser un acte fondateur majeur de notre commune volonté d’édifier une nation forte et démocratique.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs les membres de la Commission constitutionnelle

C’est avec cette conviction forte, que c’est ensemble que nous ferons du Burkina Faso un havre de paix, dans notre quête commune d’une gouvernance démocratique exemplaire et porteuse de prospérité que je vous confie la rédaction de l’avant-projet de la Constitution de la Vème République.
Je reste persuadé que chacune et chacun des membres de la Commission constitutionnelle ne ménagera aucun effort pour garantir à celle-ci son temps et son dévouement pour le succès des travaux.

A compter de votre installation, vous avez deux mois pour déposer les fruits de vos concertations. Je voudrais vous assurer, en ma qualité de Président du Faso, de mon engagement à créer les conditions d’un bon déroulement de vos travaux qui seront également présentés aux forces sociales dans chacune des treize régions du pays.
C’est avec cette note d’espoir que je déclare installés, les membres de la Commission constitutionnelle et je souhaite plein succès à leurs travaux.

Je vous remercie.

REUNION PLENIERE DE HAUT NIVEAU SUR LA GESTION DES DEPLACEMENTS MASSIFS DE REFUGIES ET DE MIGRANTS NEW YORK, le 19 septembre 2016

Monsieur le Président
Monsieur le Secrétaire général
Mesdames et Messieurs les chefs de délégations
Mesdames et Messieurs

Au nom de la délégation du Burkina Faso, et en mon nom personnel, je voudrais saluer la tenue de cette réunion de haut niveau, sur un défi majeur de notre temps, celui des déplacements massifs de réfugiés et de migrants.
D’entrée de jeu, il convient de se féliciter de l’adoption de la Déclaration de New York qui marque notre volonté commune de trouver les voies et moyens de sceller aujourd’hui, un pacte mondial pour une gestion plus efficace et plus humaine de cette question, en conjuguant la délicate question des frontières nationales avec celle du respect des droits fondamentaux des réfugiés et des migrants.


Monsieur le Président
Les mouvements de populations sont un phénomène universel historique, qui, en tant que tel, a toujours ponctué la vie des sociétés humaines, pour des raisons diverses, notamment la quête du bien-être et d’un mieux-être. Cette aspiration est naturelle et légitime. Mieux, elle est un droit fondamental de l’homme.
Ce n’est donc qu’à l’aune de cette vérité que nos analyses et nos propositions de solutions au phénomène migratoire auront des chances de prospérer et de produire les fruits attendus.
Coopérer efficacement pour arrêter ou mieux contrôler les flux massifs de réfugiés et de migrants, c’est donc en identifier et éradiquer les causes profondes. La pauvreté, la misère, le chômage et le sous-emploi, les inégalités, l’exclusion, les discriminations de tous genres, l’intolérance, les violations massives de la dignité et des droits humains, sont autant de terreaux fertiles pour les départs massifs de populations.
A cela s’ajoutent, hélas, les catastrophes naturelles, la dégradation de l’environnement, ainsi que le fossé sans cesse plus profond entre le monde développé et celui en développement.
Il s’agit ainsi de travailler ensemble au respect strict des règles du droit international des droits de l’homme et du Droit international humanitaire. Il s’agit surtout, à terme, de placer nos efforts individuels et collectifs dans les stratégies de mise en œuvre et de suivi des ODD, sous-tendues par une démarche bien comprise de responsabilités partagées et de solidarité internationale agissante.

Monsieur le Président
Mesdames et Messieurs
Je veux réaffirmer ici avec force, qu’accueillis avec humanisme et traités avec respect et dignité, les réfugiés et les migrants sont à même d’apporter une contribution significative au développement de leurs communautés, aussi bien celle de leur pays d’accueil que celle de leur pays d’origine, tout en étant un facteur de rapprochement entre les peuples et les pays. Tout mécanisme de gestion qui ne prendrait pas cette dimension en compte est incontestablement voué à l’échec. C’est pourquoi nous devons renforcer et, le cas échéant adapter nos instruments juridiques et nos cadres institutionnels, aux niveaux tant national, régional qu’international.

Monsieur le Président

Aujourd’hui, avec l’appui de partenaires comme le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), mon pays a pu accorder toute l’aide nécessaire aux 33 000 déplacés du Mali qu’il accueille sur son sol, et à qui il a reconnu d’office le statut de réfugiés, conformément à ses engagements internationaux.
Avec près d’un tiers de sa population vivant dans d’autres pays, le Burkina Faso mesure à sa juste valeur la contribution des émigrés au développement national et au rapprochement entre les peuples. Il s’investit par conséquent dans une politique de coopération mutuellement bénéfique avec les pays d’accueil, tout en œuvrant, sur le plan national, à créer les conditions nécessaires à une participation effective de la diaspora à la vie sociopolitique et aux efforts de développement de leur propre pays.
C’est pourquoi une stratégie nationale des migrations est en cours d’élaboration, afin de rendre les migrations à partir du territoire burkinabè plus sûres, régulières et ordonnées.

Monsieur le Président

Les réfugiés et les migrants ne doivent plus être perçus comme des menaces, mais traités comme une source d’opportunités, pour eux-mêmes, pour leurs pays d’accueil et d’origine et pour l’ensemble de la communauté internationale. Les dirigeants que nous sommes, avons la responsabilité individuelle et collective d’y travailler.

Plein succès à nos travaux.
Je vous remercie.

DISCOURS DE S.E.M ROCH MARC CHRISTIAN KABORE, PRESIDENT DU FASO, A L’OCCASION DE LA 6ème CONFERENCE INTERNATIONALE DE TOKYO POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE (TICAD VI)


Excellence, Monsieur le Président de la République du Kenya et Cher frère
Excellence, Monsieur le Président de la République du Tchad Président en exercice de l’Union Africaine et Cher frère
Excellence, Monsieur le Premier Ministre du Japon
Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine
Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement
Mesdames et Messieurs

Je voudrais exprimer, au nom de la délégation qui m’accompagne et au mien propre, toute ma profonde gratitude au Gouvernement et au Peuple kenyan pour l’accueil chaleureux et les multiples égards qui nous ont été réservés, depuis notre arrivée à Nairobi.
J’adresse mes cordiales salutations à toutes les délégations ainsi que mes chaleureuses félicitations à la Commission de l’Union africaine et aux coorganisateurs, qui n’ont ménagé aucun effort, en partenariat avec le Gouvernement du Japon, pour assurer le succès organisationnel de la TICAD VI.

Mesdames et Messieurs
La tenue, pour la première fois en Afrique, d’un Sommet de la TICAD, contribuera sans aucun doute à renforcer le partenariat entre l’Afrique et le Japon, tout en permettant au continent de se mettre sur une trajectoire d’appropriation de son processus de développement.
Le Burkina Faso se félicite que la Déclaration de Nairobi, document de politique majeur qui devra sanctionner nos travaux consacre la question de la transformation de l’économie africaine à travers la diversification et l’industrialisation comme thème central.


La question de l’industrialisation de l’Afrique et la transformation de son économie s’inscrivent dans la logique des préoccupations actuelles des Peuples africains et devraient permettre à notre continent, avec le soutien du Japon, à travers sa grande expérience en la matière, de consolider les acquis des programmes antérieurs et en cours pour un développement durable en Afrique.
A ce titre, le Burkina Faso soutient les conclusions des travaux préparatoires dont le volet évaluation de la mise en œuvre du Plan d’action de Yokohama 2013-2017 a mis en exergue les efforts remarquables déployés par le Gouvernement japonais pour l’exécution effective des projets articulés dans les six piliers qui le composent.


Nous adhérons pleinement au principe du maintien dudit Plan d’action jusqu’à son terme initial, tout en le réajustant afin de prendre en compte les priorités consignées dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les autres documents adoptés au niveau international.
Nous en appelons à la mise en place de mécanismes permettant de faire face aux nouveaux défis que sont l’extrémisme violent, la chute des cours des matières premières et les ravages causées par les pandémies.
Le Burkina Faso est d’avis que nous devons faire en sorte que les résultats du présent Sommet soient fondamentalement orientés vers des actions concrètes, porteuses de progrès et susceptibles de renforcer le partenariat pour les investissements privés japonais que nous appelons de tous nos vœux.
Mesdames et Messieurs

Les objectifs visés ne peuvent être atteints que si nous prenions de part et d’autre, des mesures d’ordre juridique et institutionnel pour soutenir et renforcer le processus. C’est dans cet esprit que je réaffirme notre soutien aux propositions relatives à la nécessité de mettre en place des structures d’appoint pouvant faciliter l’établissement des partenariats d’affaires et la concertation entre nos Chambres de Commerce et d’Industrie. D’où la nécessité d’adapter et de renforcer les mécanismes de financement existants pour un soutien conséquent aux projets portés par les opérateurs privés, Africains et Japonais.


A cette fin, nous appuyons fortement l’idée de voir confier un rôle davantage proactif à la Banque africaine de Développement dans le processus de la TICAD comme coorganisateur et comme instrument de financement des projets porteurs de partenariat Japon-Afrique.
Mesdames et Messieurs
Permettez-moi, de saisir l’opportunité qui m’est offerte, pour saluer l’excellence de la coopération entre le Burkina Faso et le Japon, et de noter avec satisfaction que la position du Japon au sein des Nations Unies et des autres instances internationales contribue à garantir un monde de paix et de justice, empreint de respect mutuel et de liberté.


Pour conclure mon propos, j’émets le souhait que la TICAD VI soit couronnée de succès, tout en réitérant l’engagement de ma délégation à y contribuer activement et positivement.

Je vous remercie de votre aimable attention.