Déclaration du Président du Faso, Roch Marc Christian KABORE à l’Elysée

A l’issue de son entretien avec François HOLLANDE, Roch Marc Christian KABORE a dans une déclaration, salué la coopération bilatérale exemplaire qui existe entre le Burkina Faso et la France.
Cette visite officielle a été une occasion pour nous de saluer l’excellence de la coopération qui existe entre nos deux pays. Je voudrais également remercier le Président François HOLLANDE pour l’appui qui nous a été apporté lors de l’attaque terroriste du 15 janvier 2016. Cet appui nous a permis, en liaison avec nos forces de sécurité, de mettre fin à l’attaque des terroristes qui a fait beaucoup de dégâts au plan humain. Je voudrais dire que l’avenir est dans le renforcement de cette coopération.
Comme le Président HOLLANDE l’a souligné lui-même, la sécurité a une place importante dans la vie de nos pays. Désormais, nous sommes tenus de prendre la question du terrorisme comme un élément permanent dans la vie de nos différents pays. C’est pour cela qu’au plan régional, nous avons décidé de mutualiser nos efforts en matière de renseignements pour empêcher les terroristes de se déployer comme ils le veulent. A ce niveau, nous avons aussi demandé à la France de continuer de nous accompagner dans la formation et voir la possibilité d’appuyer nos forces spéciales en équipements pour que cette action internationale contre le terrorisme connaisse des succès. Aujourd’hui comme vous pouvez le constater, le risque zéro en matière de sécurité n’existe nulle part dans le monde.
Le second volet de nos discussions a concerné l’économie :autant le Burkina Faso est félicité pour le succès de son processus démocratique compte tenu du fait que nous avons renoué avec l’Etat de droit, autant il est important, pour parachever ce succès, que le Burkina Faso reparte sur de bonnes bases économiques. Il faut faire en sorte qu’à partir de 2017, nous puissions véritablement prendre toutes les dispositions pour relancer notre économie.
Au plan politique nous avons échangé sur l’organisation des élections municipales du 22 mai prochain et sur notre volonté de passer à une Vè République. Nous avons également parlé du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale (HCRUN) qui a pour objectif la réconciliation des Burkinabè avec leur histoire.
C’est un vaste chantier qui est ouvert et je crois que les discussions que nous avons eues ont montré la disponibilité et l’engagement de part et d’autre pour que nous puissions consolider la relation bilatérale entre la France et le Burkina Faso. L’accord qui vient d’être signé entre l’AFD et l’ONEA en est un signe palpable. Cet accord vise à renforcer les capacités de l’ONEA en matière d’eau potable, l’assainissement dans les villes de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou car la question de l’eau est fondamentale pour notre pays.

Monsieur le Ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme Mesdames et Messieurs le ministres

 

Monsieur le Gouverneur des Hauts- Bassins

Distingués personnalités

Monsieur le représentant des Artistes

Mesdames et Messieurs les artistes


Je voudrais au nom du Gouvernement et à mon nom personnel saluer les hommes et les femmes qui œuvrent chaque jour pour faire de notre pays, le Burkina Faso, une terre de culture et d’action culturelle en Afrique et dans le monde.

En rendant cet hommage mérité aux actrices, acteurs et mécènes du monde de la culture, je voudrais avoir une pensée pour ceux qui nous ont quittés, et je vous invite à observer une minute de silence en leur mémoire(…). Je vous remercie.

Mesdames et Messieurs les acteurs culturels
J’apprécie votre engagement à mettre en œuvre la politique culturelle, artistique et touristique résultant de mon programme quinquennal. En effet dans le cadre de ce programme, je m’engage à :

? créer les conditions propices à l’expression et au rayonnement des talents des artistes ;

? renforcer les capacités des acteurs ;

? organiser régulièrement des salons thématiques afin de stimuler l’émergence des talents ;


? valoriser les productions artistiques ;

? créer un mécanisme pour repérer les jeunes talents musicaux qui bénéficieront des facilités d’accès aux structures de formation et d’encadrement pour s’élever vers l’excellence ;

? favoriser l’octroi des bourses aux plus méritants pour des stages dans des structures offrant de meilleures conditions d’encadrement ;

? améliorer la disponibilité et l’accessibilité des infrastructures culturelles.

Il s’agit en un mot d’accompagner les acteurs dans la perspective de développer une industrie culturelle nationale à même de promouvoir et défendre les valeurs culturelles nationales tout en améliorant les conditions de vie et de travail des artistes et promoteurs culturels.

En Effet, le Burkina Faso est plus que jamais un pays aux richesses culturelles multiples, variées et reconnues que nous devons promouvoir pour cimenter l’unité nationale autour de valeurs fortes et porteuses de paix, de cohésion et de prospérité.
A cet effet, les artistes et les acteurs culturels sont des vecteurs majeurs et sûrs de notre vouloir vivre ensemble.
C’est pour réussir cet ordre socio-culturel désirable que nous invitons les partenaires et sponsors à continuer à multiplier les initiatives pour accroître leurs capacités d’accompagnement et de financement de la culture et des initiatives culturelles dans notre pays.

C’est pourquoi je suis très attentif aux suggestions et recommandations que vous venez de faire pour l’émergence d’un secteur de la culture plus productif, tant pour la cohésion nationale que pour l’atteinte des objectifs de développement durables(ODD).

Elles seront reversées dans le débat sur la réforme et la rationalisation des institutions que nous devons engager.

En dépit des contraintes budgétaires de l’année en cours, l’excellent plaidoyer de votre ministre de tutelle lors de l’examen de loi de finance rectificative a permis de sauver trois-cents millions dans le Fonds de développement culturel et touristique pour 2016.
Ces efforts vont se poursuivre, comme vous le souhaitez avec l’amélioration progressive de la santé financière du pays.

Distingués personnalités
Mesdames et Messieurs les artistes

Le projet de construction de la « Cité des arts » dont la réalisation est très attendue par les artistes a retenu toute mon attention. C’est le genre de projet qui se prête bien à une prise en charge à travers un partenariat-public-privé.
L’année 2016 qui est en cours est une année très difficile en termes d’investissements sur le budget de l’Etat.
Mais je voudrais être rassurant sur le fait que je ne ménagerai aucun effort pour soutenir le monde de la culture et faire en sorte que ce projet soit une réalité.

Tout en vous félicitant pour votre engagement collectif et soutenu en faveur de la culture, je vous souhaite une excellente soirée.
Je vous remercie.

 

DISCOURS DE S.E.M LE PRESIDENT DU FASO A L’OCCASION DE LA CEREMONIE D’INSTALLATION OFFICIELLE DU HAUT CONSEIL POUR LA RECONCILIATION ET L’UNITE NATIONALE (HCRUN)

 

22 Mars 2016
Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement

Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée nationale

Monsieur le Président du Conseil constitutionnel

Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution

Monsieur le Président du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale

Messieurs les Anciens Chefs de l’Etat du Burkina Faso

Mesdames et Messieurs les Ministres

Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique et consulaire

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations internationales et inter africaines

Sa Majesté le Mogho-Naaba Bângho

Autorités coutumières et religieuses

Distinguées personnalités

Mesdames et Messieurs


L’installation officielle du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) est un acte majeur qui montre notre attachement commun à la paix, à la cohésion nationale, à la bonne gouvernance et à la lutte contre l’impunité.
Avec le retour à l’ordre constitutionnel normal, consécutif aux élections couplées, présidentielle et législatives du 29 novembre 2015, il nous faut asseoir les bases solides d’une Nation démocratique, unie, paisible et prospère.
C’est pourquoi, en soulignant avec force mon engagement en faveur du processus de réconciliation si nécessaire à notre communauté nationale, je voudrais saluer tous les efforts qui ont été faits par les Gouvernements successifs sur ce chantier. Aussi, voudrais-je inviter le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale à s’approprier les précieuses conclusions du Collège des sages ainsi que celles de la Commission de Réconciliation Nationale et des Réformes.
Ces deux instances, faut-il le rappeler, ont fait un diagnostic sans ambiguïté des sujets, des sources de fractures et des crises, qui minent les secteurs socio-économique et politique de notre pays.
J’en profite pour féliciter leurs membres et les inviter à rester disponibles pour la paix au Burkina Faso.
J’ai personnellement montré durant la campagne présidentielle et après mon investiture, ma détermination à consolider les fondements de la justice, de la paix, du progrès et de la prospérité pour le bonheur des fils et des filles du Burkina Faso.
L’instrument par excellence pour assurer cette mission est le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale dont la cérémonie d’installation officielle des membres nous rassemble dans cette salle.

Mesdames et Messieurs les membres du Haut Conseil
Au cours de ma première prise de contact avec vous, j’ai souligné la noblesse mais également la délicatesse de votre mission.
Elle consiste à créer les conditions les plus favorables à la réconciliation et à l’unité nationale.
C’est une gageure pour chacune et chacun de vous, mais un pari de haute portée pour la Nation entière que nous devons forcément gagner.
Au-delà du traitement des cas spécifiques de crimes de sang, de crimes politiques, de crimes économiques et de traumatismes divers dont il faut éviter la récidive, il est utile et indispensable d’appréhender les causes de ces transgressions et d’en éradiquer les germes et les causes depuis leurs racines.
En un mot, la Nation demande au Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale d’établir un ordre nouveau, débarrassé de violences de diverses natures, et d’atteintes variées aux droits humains.
C’est à ce prix que la gestion des milliers de dossiers qui sont déjà entre vos mains pourrait contribuer à l’apaisement des cœurs meurtris en vue d’aboutir à un retour à la sérénité et à une paix durable et bienfaisante pour tous. Ce sera un véritable tremplin pour un Burkina Faso de stabilité et de progrès continu.
Je dois convenir qu’il s’agit aussi d’une mission noble et exaltante, mais combien exigeante et ardue !
Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs
Permettez-moi de saisir cette occasion pour interpeller notre communauté nationale sur les valeurs d’engagement et de responsabilité qui doivent soutenir notre volonté commune de justice et de paix.
En clair, il faut panser les plaies, en construisant un esprit nouveau, respectueux de la légalité, de nos valeurs morales et des exigences de la bonne gouvernance. Bâtir cet esprit de concorde demande donc la contribution de toutes les personnes, physiques et morales, soucieuses de la qualité et de la force de notre vouloir vivre ensemble.
Construire cet esprit de réconciliation et d’apaisement requiert, certes, notre engagement national à tous les niveaux, mais exige également l’attention et la prévenance des amis du Burkina Faso à travers le monde. Je pense en particulier à nos partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent dans nos efforts de développement.
De ce point de vue, la participation remarquable à la présente cérémonie des membres du corps diplomatique, des institutions internationales et interafricaines est un signal fort allant dans la bonne direction et je tiens à les en remercier. Mesdames et Messieurs les membres du Haut Conseil, soyez assurés de ma sollicitude et de mon appui pour le succès de votre mission. Sur ce, je vous déclare installés dans vos fonctions et vous souhaite beaucoup de réussite.
Je vous remercie.

ALLOCUTION DE SEM ROCH MARC CHRISTIAN KABORE PRESIDENT DU FASO (Ouagadougou, le 15 janvier 2016)

PRESIDENCE DU FASO BURKINA FASO
-=-=- -=-=- Unité-Progrès-Justice

PREMIERE ASSEMBLEE GENERALE
DU HAUT CONSEIL
POUR LA RECONCILIATION ET L’UNITE NATIONALE
(HCRUN)

 

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs.
Je voudrais tout d’abord, vous adresser à toutes et à tous, mes félicitations pour votre désignation en tant que membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale.
La Commission de la Réconciliation Nationale et des Réformes dont vous héritez du travail, et dont certains d’entre vous ici présents ont été membres, a établi un inventaire exhaustif des crimes économiques et de sang de 1960 à nos jours qui n’ont jamais fait l’objet de règlement satisfaisant.
Plus de 5000 cas sont ainsi concernés. Ce sont des traumatismes, des lésions, des injustices subis par des victimes, des ayants droit, des Burkinabè.
Ces traumatismes et injustices constituent des évènements perturbateurs de la cohésion nationale et accentuent le sentiment d’impunité au sein de nos populations.
Il est temps que les Burkinabè se parlent, non pas dans le cadre d’une tribune de vengeance ou de revendication de toute nature, mais dans le cadre d’une tribune de vérité comme facteur de réconciliation et de pardon, pour un mieux vivre ensemble.
Comme je l’ai déclaré lors de mon investiture, « la réconciliation nationale sera le socle de mon programme, la paix, le moteur ; la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels ».
Cette fondation doit être la plus solide possible pour que notre maison commune le Burkina, puisse résister à toutes les épreuves.
C’est donc dire l’importance que j’accorderai tout au long de mon mandat au processus de réconciliation qui devra se fonder sur la vérité, la justice et le pardon.
C’est dire aussi l’importance que représente le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale.
Etablir la vérité, évaluer les préjudices, indemniser les victimes et les ayants droit, mais surtout réconcilier, telles sont, mesdames et messieurs les membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale, les attentes de la nation de votre noble et délicate mission.
Il vous appartiendra d’adapter les mesures de réparation à notre contexte socio-culturel et surtout aux réalités de nos finances publiques.
Pour cela, vous devez et devrez transcender tous les clivages, qu’ils soient d’ordres ethnique, religieux ou de toute autre nature, et garder à l’esprit l’intérêt supérieur qui est celui de la concorde nationale.
Cette première Assemblée générale étant consacrée à la mise en place de vos organes, je vous souhaite une bonne séance élective, et plein succès à vos travaux.