PEUPLE DU BURKINA FASO CONCITOYENNES ET CONCITOYENS

Hier 15 janvier 2016, pour la première fois de son histoire, notre pays a été victime d’une série d’attaques terroristes barbares, ignobles, d’une ampleur sans précédent, et d’une lâcheté inouïe.
D’abord, dans l’après-midi, dans le secteur d’Ina Bao, dans la province de l’Oudalan, un convoi officiel de la Gendarmerie nationale a été attaqué, faisant deux morts et deux blessés dont un dans un état critique.
Ensuite, dans la soirée, à Ouagadougou, à l’Hôtel Splendid, à l’hôtel Yibi et au café Capuccino, une attaque armée suivie d’une prise d’otages a occasionné, selon un bilan provisoire :
• 28 morts ;
• une cinquantaine de blessés civils ;
• 4 blessés parmi les forces de défense et de sécurité dont 1 militaire français, deux policiers et 1 militaire burkinabè ;
• 3 terroristes tués pour le moment, le ratissage étant toujours en cours ;
• 156 otages libérés.
Enfin, toujours dans la nuit du 15 au 16 janvier, le Docteur Kenneth Arthur Elliot et son épouse Joceline de nationalité australienne, installés à Djibo depuis 1972 et responsables de la clinique Elliot dans cette localité ont été enlevés. Une alerte générale a été donnée aux forces de défense et de sécurité dans la zone pour les retrouver et capturer les auteurs de cet enlèvement.
Au nom du Peuple burkinabè, du Gouvernement et à mon nom personnel, j’adresse mes condoléances aux familles éplorées victimes de ces actes terroristes. Tous mes vœux de prompt rétablissement accompagnent les personnes blessées.


Je tiens à saluer le professionnalisme et la solidarité entre les forces de défense et de sécurité burkinabè et les forces spéciales françaises et américaines qui ont permis de lancer et de conduire avec succès l’offensive contre ces terroristes.
PEUPLE DU BURKINA FASO
CONCITOYENNES ET
CONCITOYENS
Ces actes criminels, d’une rare barbarie, perpétrés contre d’innocentes personnes et que l’organisation criminelle Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) vient de revendiquer visent à déstabiliser notre pays et ses institutions républicaines et à saper les efforts de construction d’une nation démocratique, paisible et prospère.
Or, c’est pour reconquérir, préserver et consolider ces valeurs de démocratie, d’Etat de droit, de justice, de liberté et de progrès que notre peuple insurgé s’est battu, depuis les 30 et 31 octobre 2014 et lors du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015, jusqu’au succès des élections couplées présidentielle et législatives du 29 novembre 2015, marquant le retour à une vie constitutionnelle normale au Burkina Faso.
Aujourd’hui encore, face à ces terroristes et à leurs actes ignobles, nous devons nous mobiliser pour apporter la riposte appropriée afin de les mettre hors d’état de nuire.
Ma conviction est établie que dans l’unité et la cohésion nationale, nous sortirons victorieux de cette guerre qu’ils imposent à notre Peuple ainsi qu’à tous les autres peuples du monde, épris de paix et de liberté.
D’ores et déjà, le Gouvernement a reçu les instructions pour prendre les mesures qu’exigent les circonstances, en vue de renforcer la sécurité de nos Institutions, de nos lieux sensibles et publics ainsi que celle de nos frontières et des entrées de nos grandes villes.
Nous devons les mettre en œuvre dans la rigueur et la discipline parce que désormais la lutte anti-terroriste fait partie de notre quotidien.

PEUPLE DU BURKINA FASO
CONCITOYENNES ET
CONCITOYENS
Lors de mon discours d’investiture le 29 décembre dernier, je rappelais notamment qu’« Au moment où j’accède à la plus haute charge de l’Etat, la situation sécuritaire dans le monde en général et dans la sous-région ouest africaine en particulier est préoccupante en raison de l’ampleur des menaces et actions terroristes.
C’est pourquoi nous devons mutualiser nos moyens de défense, nos informations, entre nos pays et de concert avec tous les autres pays qui luttent contre le terrorisme dans le monde pour présenter un front uni contre ces fléaux qui menacent l’existence même de nos Etats ».
Devant ce lourd bilan humain que ces forces du mal ont infligé à notre peuple et à ses amis d’autres pays en visite au Burkina Faso, la nation burkinabè reste sous le choc.
Aussi, ai-je décidé, qu’à compter du dimanche 17 janvier 2016, un deuil national de 3 jours sera observé sur l’ensemble du territoire national et dans toutes les représentations diplomatiques et consulaires du Burkina Faso à l’étranger.
PEUPLE DU BURKINA FASO
CONCITOYENNES ET CONCITOYENS
En ces moments difficiles pour la nation, je vous invite à rester déterminés parce que notre engagement commun pour un Burkina démocratique et prospère est plus fort que jamais.
Aussi, voudrais-je inviter les populations à la vigilance et à la franche collaboration avec les forces de défense et de sécurité pour dénoncer toute personne ou toute situation suspecte dans les meilleurs délais.
Uni et déterminé contre le terrorisme et toutes les forces du mal dirigés contre notre pays, le Peuple burkinabè restera toujours victorieux.

VIVE LE PEUPLE BURKINABE !
VIVE LA SOLIDARITE NATIONALE ET INTERNATIONALE !
QUE DIEU BENISSE LE BURKINA FASO !
JE VOUS REMERCIE.

MESSAGE A LA NATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABORE, PRESIDENT DU FASO, CHEF DE L’ETAT,A L’OCCASION DU NOUVEL AN 2016

BURKINA FASO
Unité – Progrès – Justice



 


Ouagadougou, le 31décembre 2015

Peuple du Burkina Faso
Mes chers compatriotes

Au seuil de l’année nouvelle qui nous ouvre ses portes, je voudrais à la fois sacrifier à la tradition et surtout prendre date avec vous sur nos engagements communs dans les limites de la marche inexorable du temps.
L’année 2015 qui s’achève charrie avec elle nos joies et nos peines, nos moments difficiles comme nos moments heureux dont certains resteront gravés dans nos mémoires individuelles et collectives.
Concitoyennes et Concitoyens
Dans ces moments particuliers, j’ai une pensée solidaire pour nos compatriotes qui, au cours de l’année 2015, ont été durement éprouvés par des épreuves diverses.
Je porte tout spécialement dans ma pensée, les blessés, les victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 ainsi que ceux consécutifs au putsch du 16 septembre 2015.
Je n’oublie pas toutes les victimes des attaques terroristes dans notre pays au cours de l’année écoulée ainsi que les braves compatriotes tombés sur le champ des opérations de maintien de la paix.
Chers compatriotes
La force d’un peuple ne réside pas seulement dans sa capacité de s’accommoder à un environnement de paix et de stabilité, mais bien plus dans son aptitude à surmonter ses propres contradictions, pour conquérir, jour après jour, un espace où se consolide le « vouloir vivre ensemble ».

Les années 2014 et 2015 nous auront permis de contenir, ensemble, avec force, courage et détermination, les appétences immodérées de forces en marge de l’évolution de notre peuple. C’est là une de nos grandes victoires et un des acquis incontestables qui révèle la grandeur et la solidité de notre organisation sociale. Sans fausse modestie, nous pouvons nous réjouir de cette aptitude indéniable, qui caractérise les grands peuples.
Nous pouvons en outre nous féliciter, de la bonne tenue, le 29 novembre dernier, des élections présidentielles et législatives. Leur transparence a été saluée unanimement par les institutions, les hommes et les femmes appartenant à des structures tant nationales qu’internationales, mobilisés pour en assurer la supervision.
Ce faisant, Chers compatriotes, nous avons démontré, aux yeux du monde, le niveau de maturité de notre peuple dans la construction de la paix, et de la démocratie.
Je voudrais saisir cette heureuse occasion pour réitérer mes chaleureuses félicitations au Président de la Transition, au Premier Ministre et à son Gouvernement, au Conseil National de la transition, et à son Président, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs notamment la CENI, pour l’important rôle qu’ils ont joué en maintenant le cap sur l’organisation des élections couplées du 29 novembre 2015.
Je voudrais saluer tous les candidats à l’élection présidentielle dont l’attitude républicaine a contribué à renforcer la crédibilité du scrutin et à donner du Burkina Faso, une image respectable.
Comme vous le savez depuis hier, la nouvelle Assemblée nationale a validé le mandat de ses membres et porté à sa tête Son Excellence Monsieur Salifou DIALLO.
J’adresse au Président de l’Assemblée nationale et à l’ensemble des députés mes vœux de succès pour une législature féconde et réussie.

Concitoyennes
Concitoyens
Le succès du mouvement insurrectionnel des 30 et 31 octobre 2014, et les actions héroïques de résistance populaire au coup de force du 16 septembre 2015, constituent des preuves tangibles des aspirations profondes de toutes les composantes sociales de notre nation à plus de démocratie, de justice sociale, de sécurité, d’accès aux emplois, aux infrastructures de production et aux services sociaux de base, bref, en un mot, au bien-être social et à l’élévation de tout Burkinabè à la dignité humaine.
Je m’attellerai avec honneur et dignité à apporter des réponses à la hauteur de l’immense espoir que vous avez placé en moi.

Peuple du Burkina Faso
Une chose est d’installer des institutions démocratiques fortes, une autre est de faire en sorte qu’elles permettent une représentation authentique des citoyens tout en apportant les solutions pertinentes à leurs aspirations fondamentales et à leurs besoins quotidiens. A cet égard, l’année nouvelle qui commence dans quelques heures est chargée d’espoirs pour les Burkinabè.
L’espoir d’abord de réaliser pleinement les objectifs de mon programme notamment pour l’amélioration des conditions de vie des populations et la création des emplois pour les jeunes et les femmes de nos villes et de nos campagnes.


L’espoir ensuite de voir aboutir les grandes reformes notamment celle de l’armée, de l’Etat, et des institutions ainsi que la mise en place de la constitution de la Ve République pour moderniser l’administration et mettre tout le monde au travail dans l’intérêt supérieur de la Nation. C’est le lieu pour moi de saluer la bravoure, le patriotisme et le professionnalisme de notre armée qui a su prendre ses responsabilités aux côtés du peuple pour le prémunir des périls qui menaçaient la stabilité et l’unité du pays. A tous les membres des contingents burkinabè mobilisés actuellement pour les missions de maintien de la paix à l’étranger, tout comme ceux des unités déployées pour sécuriser le territoire, je renouvelle mes encouragements et ma proximité.
Je réaffirme ici mon engagement à asseoir avec eux les bases solides d’une armée républicaine et apolitique résolument engagée dans la défense de l’intégrité territoriale et de la sécurité des personnes et des biens.
L’espoir enfin de voir aboutir le dialogue social pour renforcer la cohésion du peuple burkinabè et d’œuvrer à la réconciliation nationale par la vérité et la justice afin d’engager tous les Burkinabè dans l’œuvre de construction d’un Burkina nouveau.
Je crois en votre capacité à relever les défis qui se dressent devant nous, à travers mon programme pour lequel vous m’avez accordé vos suffrages et vous exprime ma profonde gratitude pour cette adhésion populaire.


Je vous engage, chacun, où que vous soyez, où que vous travailliez, à y mettre du vôtre pour sa réalisation, dans l’intérêt supérieur de notre Nation.
Valeureux compatriotes
Je voudrais exprimer ma profonde reconnaissance à tous nos compatriotes dont les exigences professionnelles les maintiennent actuellement loin de leurs familles.
Aux communautés étrangères résidant au Burkina Faso, j’adresse également mes vœux de santé et de bonheur.
Je souhaite à la diaspora burkinabè à travers le monde, une excellente année 2016 dans l’unité, la fraternité et la solidarité.

Mes chers compatriotes
En ce moment même où nous nous préparons à la célébration de l’avènement de la nouvelle année, de nombreux peuples, hors de nos frontières, continuent de subir, qui des conflits armés, qui des attentats terroristes, qui des catastrophes de toutes natures.
A tous ces peuples, proches ou lointains, je voudrais exprimer la solidarité et la compassion de la Nation burkinabè. Puisse l’année 2016 leur apporter plus de joie, de paix, de stabilité, de solidarité et de bonheur.


Concitoyennes
Concitoyens
Depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale, notre pays a toujours bénéficié de la solidarité et de l’assistance de nombreux pays à travers les continents ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Je voudrais en votre nom à tous, témoigner notre gratitude à la communauté internationale, à nos partenaires techniques et financiers, aux ambassadeurs et aux membres du corps diplomatique accrédités au Burkina Faso ainsi qu’à tous les amis du Burkina Faso à l’étranger pour les nombreuses sollicitudes à l’endroit du peuple burkinabè.

Aussi, à l’orée de l’ouverture d’une ère nouvelle de l’histoire de notre pays, marquée par le retour à un régime constitutionnel normal, je voudrais lancer un appel vibrant pour une solidarité internationale plus agissante en faveur du peuple burkinabè, désireux de consolider à jamais, les solides acquis de sa démocratie.
Mes chers compatriotes,
Je reste confiant en votre détermination individuelle et collective pour relever les défis qui se présentent à notre pays dans sa marche résolue vers le progrès véritable et la démocratie.
Puisse l’année 2016 tenir toutes ses promesses dans un environnement de paix, de stabilité, de sérénité et de sécurité pour tous.
Je réitère à toutes et à tous mes vœux de santé, de bonheur et de réussite.
Bonne et heureuse année 2016.
Que Dieu bénisse le Burkina Faso !
Je vous remercie.

 

Discours d’investiture de S.E.M Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Chef de l’Etat

Ouagadougou, le 29 novembre 2015

Excellences, Messieurs les chefs d’Etat
Distingués représentants des chefs d’Etat et de Gouvernement
Excellence, Monsieur le Président du Conseil national de la Transition
Monsieur le Président du Conseil constitutionnel
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution
Messieurs les Anciens chefs d’Etat
Mesdames et Messieurs les chefs de délégation étrangère
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et chefs de mission diplomatique
Distinguées personnalités
Honorables invités
Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle
Peuple combattant du Burkina Faso


La solennité de la présente cérémonie rajoute à la charge émotionnelle qui l’enveloppe, faisant de chacune et de chacun de nous, qui un acteur, qui un témoin privilégié, ou les deux à la fois, de la glorieuse page de l’histoire récente de notre Peuple que nous sommes en train d’écrire.
Permettez-moi, à l’entame de mon discours, d’exprimer ma gratitude et celle du Peuple burkinabè à toutes les éminentes personnalités qui, par leur présence honorent cette cérémonie et en rehaussent l’éclat.
Au moment où notre vaillant Peuple ferme la parenthèse de la Transition, pour s’engager résolument dans l’Etat de droit, en vue d’assurer une gouvernance vertueuse des affaires publiques, je voudrais tout d’abord lui rendre un hommage mérité.
A tous les valeureux fils et filles de notre chère nation, intrépides combattants de la liberté, de la démocratie et de la justice qui, ces dernières années, ont payé de leur vie notamment lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat des 16-17 septembre 2015, la Nation est reconnaissante.
Leur sang versé a contribué à forger le destin du Burkina Faso pour le faire sortir de l’impasse dans laquelle certains esprits mal intentionnés voulaient le plonger à jamais. C’est pourquoi, avant tout autre propos, je vous invite à saluer, par l’observation d’une pieuse minute de silence, la mémoire de ces héros, tombés sur le champ d’honneur pour la grandeur et la dignité de la patrie(…).Je vous remercie.
A tous ceux qui ont souffert ou qui continuent de souffrir encore dans leur chair, je renouvelle toute ma solidarité et leur souhaite un prompt rétablissement.


Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Je voudrais ensuite saluer l’action de mes devanciers dans la haute charge de président du Faso, pour ce qu’ils ont pu faire pour notre pays, ou pour l’espoir qu’ils ont pu incarner ou susciter à un moment donné.
Tout naturellement, je voudrais reconnaître et saluer les mérites du Président Michel KAFANDO dont la sagesse et la riche expérience nous ont été très utiles particulièrement aux moments troubles et complexes de la Transition. A lui, au premier ministre Yacouba Isaac ZIDA, au président du CNT Chérif SY, à tous les ministres ainsi qu’à tous les députés de la Transition, je renouvelle nos félicitations pour les services rendus à la Nation.
Je salue aussi le rôle primordial joué par nos organisations communautaires que sont l’UEMOA et la CEDEAO pour avoir contribué à la stabilité de notre pays et de la région.
Je salue l’implication déterminante de l’Union africaine, tout comme la ferme et clairvoyante position des Nations unies, lors des évènements récents vécus par notre pays. Leur solidarité avec le peuple du Burkina a permis de trouver des issues pertinentes aux crises que nous avons connues.
J’exprime, ma déférente considération, aux pays du continent et hors du continent qui, à travers la présence amicale de leurs représentations diplomatiques à nos côtés, ont pris fait et cause pour le peuple burkinabè lors de l’insurrection populaire et du rejet du putsch perpétré par le régiment de sécurité présidentielle.
A nos amis et camarades des partis progressistes de par le monde en général, et en particulier l’Internationale Socialiste, à laquelle ma formation politique d’origine appartient, je renouvelle ma gratitude pour leur militante solidarité dans notre combat commun pour l’émancipation des peuples.
Je salue enfin la témérité et le dévouement dans la lutte des camarades des partis ou formations politiques regroupés à l’époque au sein de l’opposition politique.


Jeunesse combattante, femmes courageuses et intrépides, anciens de toutes les contrées du pays, autorités coutumières et religieuses du Faso, dépositaires reconnus des sagesses fondatrices des équilibres de notre nation, vaillantes combattantes et vaillants combattants de la liberté et des causes justes, organisés ou non au sein des partis politiques,
associations et mouvements de la société civile burkinabè, opérateurs du monde économique, ouvriers, paysans, étudiants, artisans des villes et des campagnes, personnes vivant avec un handicap, c’est ensemble que nous avons voulu et obtenu le changement, ensemble nous devons en faire un bien commun pour la paix, la stabilité et la prospérité de la Nation.
Pour ma part, je prends ici l’engagement d’instaurer un dialogue social fécond avec tous les Burkinabé pour qu’ensemble nous brisions les chaines de la misère pour construire, dans la tolérance et la discipline républicaine, une nation forte, digne et respectée.
Cela signifie et impose, chères concitoyennes, chers concitoyens, que nous reconnaissions à l’Etat sa place et son rôle prépondérants dans la conduite des affaires publiques, son autorité, toute son autorité dans le fonctionnement harmonieux et régulier des institutions républicaines afin de garantir une bonne gouvernance au profit de l’ensemble des citoyens.
Cela exige, de la part de tous et de chacun, que nous sachions, dès à présent, contenir nos égoïsmes personnels, bannir nos divisions stériles, combattre l’intolérance et l’incivisme rampant, pour construire ensemble une alliance de progrès, à même de porter les ambitions de développement du pays.


Distingués invités
Je voudrais, en ce moment solennel, rappeler à la face du monde que la victoire du 29 novembre 2015, n’est pas seulement la victoire d’un candidat ou d’un parti mais celle de tout un peuple insurgé.
C’est la victoire d’une jeunesse burkinabè et africaine à jamais révoltée contre l’obscurantisme et l’oppression.
C’est la victoire de la liberté sur l’arbitraire.
C’est la victoire de la démocratie sur la dictature, contre l’oligarchie d’une minorité et l’opacité dans la gouvernance.
Cette quête émancipatrice de bonne gouvernance, de justice et d’équité est le sens même de mon engagement pour le changement et l’édification d’un Burkina nouveau.
Avec les élections couplées, présidentielle et législatives du 29 novembre dernier, un jour nouveau se lève au Burkina Faso, chargé d’espoir pour un lendemain meilleur.
Mon programme, intitulé « Bâtir avec le Peuple, un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice», devenu par l’onction populaire, le programme du Président de tous les Burkinabè, ambitionne de répondre à cette quête de justice, de transparence, de démocratie et de prospérité partagée exprimée par toutes les composantes de notre Nation.
La réconciliation nationale en sera le socle, la paix, le moteur, la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels, pour construire ensemble dans la durée, une Nation forte, fière, prospère et intègre.
En ce 21e siècle de toutes les interrogations et inquiétudes sur la croissance, la paix et la sécurité dans le monde, je veux qu’ensemble, main dans la main, avec l’appui et le concours de la diaspora burkinabè et des partenaires au développement du Burkina Faso, nous entamions la marche assurée de notre Peuple vers la réalisation de ses aspirations profondes.
Notre vaillante jeunesse a donné de la voix et a montré la voie. Les femmes, les anciens et les responsables coutumiers et religieux en ont montré la volonté. Je souhaite que dans un élan et un sursaut patriotiques, les Burkinabè, après avoir forcé l’admiration et l’estime des autres peuples en Afrique et dans le monde, se donnent les moyens de réussir à relever les défis qui se dressent devant nous.
Que le monde continue de nous regarder et de nous soutenir, car notre démocratie, en s’enracinant, apporte et apportera davantage de bien-être au pays, à la sous-région, à l’Afrique et pourquoi pas au monde.
Pour ma part, j’en suis convaincu, et d’ores et déjà, je m’engage, avec les jeunes générations, à contribuer à la construction d’un monde de paix, de démocratie, de justice, d’égalité et de liberté.
Les graves problèmes de gouvernance qui ont failli plonger le pays dans la guerre civile ont des causes et des responsables. En toute humilité, chacun doit reconnaître et assumer sa part de responsabilité et éviter les fuites en avant inutiles.
C’est pourquoi la vérité et la justice doivent être recherchées préalablement pour que la paix des cœurs décuple nos énergies afin que nous soyons capables de nous pardonner effectivement et sincèrement.
L’incivisme, la remise en cause de l’autorité de l’Etat, et d’une manière générale, le non-respect de la loi par les citoyens et les personnes morales doivent cesser immédiatement.
En tout état de cause, toutes les mesures seront étudiées et mises en œuvre pour que force reste à la loi. Partout, l’ordre et la discipline doivent régner, pour nous permettre, dans le dialogue et la concertation, de rechercher les solutions appropriées aux problèmes que vivent les Burkinabè.
Tout en étant un ardent défenseur des libertés individuelles et collectives que je souhaite promouvoir et élargir, je voudrais attirer l’attention de tous que bien souvent l’ennemi de la liberté, c’est la liberté mal comprise et sans bornes.
Je suis le premier à savoir que le retour indispensable à la normale ne sera pas facile, mais c’est le prix à payer si nous ne voulons plus continuer à vivre dans un Burkina Faso à plusieurs vitesses, à l’avenir incertain, où le fossé s’agrandit chaque jour entre un nombre toujours plus restreint de nantis qui ont des droits et les larges masses populaires condamnées à la paupérisation et à l’exclusion.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs
Le retour à l’intégrité que je me suis engagé à réaliser dans le cadre de mon programme pour le quinquennat 2015-2020 sera pour chacun de nous une triple exigence :
- Une exigence d’amour pour la patrie, dont nous devons défendre constamment les intérêts supérieurs ;
- Une exigence de dévouement au travail pour notre pays, au service duquel nous devons mettre tous nos talents et intelligences.
- Une exigence de probité et de bonne gouvernance dans tout ce que nous faisons, pour ne pas se servir du pays mais pour le servir de manière désintéressée.
C’est donc à un véritable changement de mentalité et de comportement que je convie les Burkinabè, car les chantiers qui nous attendent sont titanesques :
- Réformer les Institutions et moderniser l’administration pour plus de justice sociale, de démocratie et de liberté ;
- Mettre en place un nouveau modèle de développement centré sur le renforcement du capital humain ;
- Promouvoir et vulgariser les technologies de l’information et de la communication ;
- Dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois, en faisant du secteur privé un acteur important ;
- Réaliser un meilleur partage des fruits de la croissance à travers un nouveau contrat social.
Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises, la IVe République a vécu. Dès lors, mon engagement de passer à la discussion et l’adoption de la Constitution de la Ve République pour mieux réformer les institutions et engager la modernisation indispensable de l’administration reste au cœur de ces reformes à faire. Aux amis et aux partenaires au développement du Burkina Faso, je tiens à réaffirmer notre engagement sans faille à honorer la parole et la signature du Burkina Faso, dans le respect de l’indépendance et des intérêts supérieurs de notre Peuple.

C’est pourquoi, je voudrais lancer un appel du haut de cette tribune pour un accompagnement plus substantiel de la communauté internationale et des partenaires techniques et financiers aux efforts de relance économique et d’amélioration de la gouvernance dans notre pays.

Distingués Chefs d’Etat
Mesdames et Messieurs
Au moment où j’accède à la plus haute charge de l’Etat, la situation sécuritaire dans le monde en général et dans la sous-région ouest africaine en particulier est préoccupante en raison de l’ampleur des menaces et actions terroristes.
C’est pourquoi nous devons mutualiser nos moyens de défense, nos informations, entre nos pays et de concert avec tous les autres pays qui luttent contre le terrorisme dans le monde pour présenter un front unis contre ces fléaux qui menacent l’existence même de nos Etats.
Je réaffirme mon engagement et celui de mon pays à œuvrer avec tous nos pays voisins et au sein des institutions communautaires que sont notamment l’UEMOA et la CEDEAO pour la paix, la sécurité, l’intégration régionale, la coopération et la solidarité agissante entre nos pays et nos peuples.


Peuple du Burkina Faso
Chères concitoyennes
Chers concitoyens
La nouvelle page de notre glorieuse histoire commune que nous nous sommes engagés à écrire ensemble sera nécessairement une œuvre collective. J’ai foi en l’avenir radieux de ce pays et à la capacité de son Peuple à se surpasser pour défendre son honneur et construire son avenir. Je suis fier d’être Burkinabè et de pouvoir apporter ma modeste contribution à la paix, à la démocratie, à la justice, à la réconciliation nationale et à la prospérité partagée entre les Burkinabè. Je veux croire à toutes nos chances de continuer à bénéficier de la clémence divine pour la paix au Burkina Faso.
C’est pourquoi, je me tourne vers les gardiens de nos traditions multiséculaires, vers nos autorités coutumières et religieuses et vers toutes les personnes de bonne volonté pour tout ce qu’ils ont toujours fait et continueront à faire pour cette paix si précieuse dont le pays a tant besoin.
Je renouvelle ma gratitude à toutes et à tous, et je rappelle que le Burkina Faso a été, est et restera un héritage commun aux Burkinabè.
C’est pourquoi nous devons le gérer en bon père de famille, prudent, diligent et honnête, pour le bien des générations présentes et à venir.
Autrement, nous serons donc tous comptables, chacun pour sa part de responsabilité, de l’avenir de ce pays que nous aimons tous.
Pour terminer, je voudrais réitérer notre profonde gratitude et nos remerciements sincères à tous les Chefs d’Etat et de gouvernement ici présents ou représentés, à tous les peuples africains, à toutes les délégations venues d’Europe, d’Amérique et d’Asie pour leur présence amicale et leur solidarité avec le peuple burkinabè.
En cette fin d’année 2015, je tiens à souhaiter à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2016.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso
Je vous remercie.

Discours de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Président du Conseil des Ministres à l’occasion de la cérémonie d’installation officielle des membres de la Task force sur le Schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO.

PRESIDENCE DU FASO                                                        BURKINA FASO                                         

         ---------------                                                                                 --------CABINET DU PRESIDENT                                                                        Unité-Progrès-Justice

---------   

           

Discours de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Président du Conseil des Ministres à l’occasion de la cérémonie d’installation officielle des membres de la Task force sur le Schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO.

Ouagadougou, le 20 mai 2016

Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement

Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO

Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique

Monsieur Kadré Désiré OUEDRAOGO, 

Ancien Président de la Commission de l’UEMOA

Chers membres de la Task force

Distinguées personnalités

Mesdames et Messieurs

Je voudrais avant tout propos souhaiter la chaleureuse bienvenue à la délégation de la Commission de la CEDEAO et aux membres désignés de la Task force sur le Schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO.

Permettez-moi de réitérer mes vives félicitations au Président de la Commission de la CEDEAO, Monsieur Alain De SOUZA, qui vient de prendre les rênes de notre organisation. 

En lui adressant tous mes vœux de santé et de succès pour sa mission, je tiens à exprimer ma satisfaction et mes encouragements à la Commission de la CEDEAO qui ne ménage aucun effort pour accompagner le Burkina Faso dans le cadre du mandat de suivi de la  mise en œuvre des Protocoles sur la libre circulation des personnes et des biens.

Je tiens à saluer la présence rassurante à cette cérémonie de son prédécesseur, Kadré Désiré OUEDRAOGO, et à lui redire notre satisfaction pour son dévouement au service de notre communauté.

Honorables invités

Mesdames et Messieurs

C’est en restant fidèle à ses engagements pris dans le cadre communautaire que le Burkina Faso développe constamment beaucoup d’initiatives pour renforcer le processus d’intégration dans la sous-région Ouest-africaine.

Il vous souviendra que dans le cadre du mandat confié au Burkina Faso en juillet 2013 par la 43ème session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, une feuille de route a été adoptée par la 44ème session de ladite Conférence tenue les 28 et 29 mars 2014 à Yamoussoukro, en République de Côte d’Ivoire.

Cette feuille de route comporte plusieurs activités qui ont déjà été entreprises avec succès.

 Il s’agit de :

  • -la lettre de plaidoyer du Président du Faso adressée à ses pairs de la CEDEAO, en janvier 2014, afin de les inciter à prendre des mesures fortes pour une mise en œuvre effective des protocoles sus-visés ;
  • -l’organisation, du 03 au 05 juillet 2014 à Ouagadougou, du Forum régional citoyen sur la libre circulation des personnes et des marchandises ;
  • -la validation, les 20 et 21 juillet 2015, du projet de plan d’actions pour la mise en œuvre des recommandations issues du Forum régional citoyen sur la libre circulation des personnes et des marchandises ;
  • -la création  de la Task force sur le schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO le 25 novembre 2015.

S’agissant de la Task force, elle aura pour mission ultime de faciliter la mise en œuvre du Schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO.

A ce titre, ses membres ici présents, que nous installons officiellement ce matin dans leurs fonctions auront la lourde tâche de faire le plaidoyer pour une mise en œuvre effective du Schéma de libéralisation des échanges  et, le cas échéant, d’arbitrer les cas de litiges pouvant naître de sa mise en œuvre entre les Etats.

Distinguées personnalités

Honorables invités

Mesdames et Messieurs

La libéralisation des échanges est une heureuse opportunité pour les Etats de promouvoir davantage le commerce intra-communautaire et, pour les populations, de disposer effectivement d’un espace de six (06) millions de Km² et d’un marché estimé à 205 millions d’habitants.

Les efforts conjugués des Etats membres de la CEDEAO dans l’application effective des textes communautaires ont permis d’engranger des résultats forts appréciables aussi bien en matière de libre circulation des personnes que des biens.

Malgré ces efforts et ces résultats encourageants, l’effectivité de la libre circulation reste un défi à relever pour tous les pays de la CEDEAO notamment, en termes de lutte contre certaines entraves et pratiques anormales, à l’intérieur comme aux frontières des Etats membres.

C’est pourquoi, je voudrais exhorter les membres de la Task force à ne ménager aucun effort pour accomplir convenablement leurs missions afin que la libéralisation des échanges soit une réalité pour nos Etats et surtout pour les citoyens de la Communauté.

Je voudrais, avant de clore mon propos, réitérer la volonté du Burkina Faso à soutenir toute initiative de la Commission et des autres institutions de la CEDEAO allant dans le sens du  renforcement du processus d’intégration dans la sous-région Ouest-africaine.

Sur ce, je déclare officiellement installés les membres de la Task force sur le Schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO.

Je vous remercie.