Son Altesse Sérénissime le Prince Souverain Albert II de Monaco

 


TOAST

DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABORE, PRESIDENT DU FASO, A L’OCCASION DU DINER OFFERT EN L’HONNEUR DE SON ALTESSE SERENISSIME
LE PRINCE ALBERT II DE MONACO

Ouagadougou, le 11 janvier 2018


Son Altesse Sérénissime le Prince Souverain
Albert II de Monaco


Son Altesse Sérénissime la Princesse Charlène


Distingués invités


Mesdames et Messieurs

Altesse

Je voudrais avant tout propos souhaiter, à vous-même, à votre épouse la Princesse Charlène ainsi qu’à la délégation qui vous accompagne, la chaleureuse bienvenue au pays des hommes intègres.
C’est un grand honneur et un réel plaisir pour moi et pour l’ensemble du peuple burkinabè de vous recevoir, pour vous traduire de vive voix notre estime et notre profonde amitié.
Et, puisque nous sommes au début de l’année 2018, je voudrais saisir cette occasion pour vous présenter, ainsi qu’à votre épouse, à votre famille et à l’ensemble du peuple monégasque, mes vœux de santé, de bonheur et de prospérité.

En foulant le sol burkinabè pour la deuxième fois, après votre visite de février 2012, vous témoignez de la qualité exemplaire des relations d’amitié et de coopération entre le Burkina Faso et la Principauté de Monaco, marquées du sceau de la confiance et du respect mutuel, et leur insufflez une nouvelle dynamique. Je puis vous assurer de mon ferme engagement et de celui du Gouvernement burkinabè à continuer d’œuvrer avec vous pour leur raffermissement.

Altesse
Distingués invités

Depuis leur établissement officiel en février 2004, les relations entre le Burkina Faso et la Principauté de Monaco se sont consolidées, grâce au renforcement des bases d’un partenariat au développement mutuellement bénéfique.
Nous pouvons nous en féliciter, car il s’agit là du fruit d’une volonté politique pleinement partagée et entièrement assumée.
Je voudrais ici souligner l’exemplarité et la particularité de la coopération monégasque dans notre pays, axée principalement sur les domaines prioritaires de l’humanitaire, de la santé, de l’éducation, de l’insertion socio-économique et de la protection civile.
La mise en œuvre de l’Accord-cadre de coopération, la signature de plusieurs accords sectoriels, et la tenue de deux sessions de la Commission bilatérale de Coopération, dont celle qui a eu lieu aujourd’hui même à Ouagadougou, nous permettent d’assurer un meilleur suivi de ces relations.
Les résultats sont palpables et porteurs de progrès pour notre pays.
Demain 12 janvier 2018, nous allons ensemble procéder à l’inauguration officielle du Centre de Formation Polyvalent de Loumbila, puisque vous avez voulu ainsi donner une seconde vie au Pavillon Monaco, après l’exposition universelle Milan 2015.
Cette infrastructure est la preuve de votre attachement au bien-être de l’homme à travers la prise en charge des plus démunis. Merci d’avoir choisi le Burkina Faso pour cette reconversion du Pavillon.

Honorables invités

Face aux défis communs que vivent aujourd’hui nos pays et l’humanité dans son ensemble, nous devons rester résolument engagés pour l’avènement d’un monde de paix, de justice sociale et de développement.
Nous devons d’une part vaincre les forces obscurantistes qu’incarnent le terrorisme et l’extrémisme violent, d’autre part asseoir les bases d’une croissance soutenue et d’un développement durable. C’est ainsi que nous offrirons à nos peuples le bien-être et le bonheur qu’ils attendent légitimement de leurs gouvernements. C’est ainsi également que nous offrirons à notre jeunesse des raisons de croire en l’avenir, la mettant ainsi à l’abri des aventures inutilement périlleuses en quête d’un mieux-être illusoire.
A cet égard, et dans ses efforts inlassables de lutte pour assurer sa sécurité et son développement, en particulier aux heures tristes des attaques terroristes de ces dernières années, le Burkina Faso a toujours bénéficié de votre sollicitude et de votre soutien constant, Altesse, ainsi que de celle de la Principauté de Monaco.
En vous priant, d’accepter l’expression de notre profonde gratitude, je voudrais souligner combien il est impérieux pour nos Etats de conjuguer leurs efforts pour relever ces défis et tous les autres.
Je voudrais à ce propos me réjouir de la convergence des vues de nos deux pays sur les grands enjeux de l’heure, y compris l’exigence du respect des droits de l’homme, du droit international humanitaire et d’édification d’un monde plus juste, plus humain et plus solidaire.

Altesse
Distingués invités
Mesdames et Messieurs

Malgré sa jeunesse, la solidité de notre partenariat est des plus enviables.
Qui plus est, cette coopération est inscrite dans les annales de notre histoire commune comme ayant toujours placé l’homme au cœur de tout.
Il me plaît alors, Altesse, de la célébrer avec vous, en vous invitant à lever vos verres à l’amitié entre le Burkina Faso et la Principauté de Monaco.

Je vous remercie !

 

Discours de S.E.M Roch Marc Christian KABORE,Président du Faso,Président du Conseil des ministres en réponse aux vœux du corps diplomatique.

 


Monsieur le Premier Ministre

Monsieur le premier vice-président de l’Assemblée nationale

Monsieur le Président du Conseil constitutionnel

Mesdames et Messieurs les Présidents d’institution


Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement


Excellence, Monsieur le Doyen du Corps diplomatique

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission diplomatique et consulaire

Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales et interafricaines

Mesdames et Messieurs


La cérémonie annuelle d’échange de vœux avec les représentants de pays amis et d’organisations internationales que vous êtes s’impose comme une formidable opportunité de célébrer notre amitié et notre fraternité avec vous et avec tous ceux que vous représentez dans notre pays.
Elle nous offre aussi l’occasion d’évaluer ensemble l’année qui vient de s’achever, sur le plan de nos relations et concernant la marche du monde, en faisant une projection lucide des ambitions communes que nous nourrissons pour nous-mêmes et pour les générations futures.

Mesdames et Messieurs les membres de la Communauté diplomatique au Burkina Faso

J’ai une infinie reconnaissance pour vous, pour les Souverains, les Chefs d’Etat et de Gouvernement, ainsi que pour les responsables de vos organisations, pour les vœux que vous venez de présenter, à ma personne, à ma famille et au peuple burkinabè.
Permettez-moi à mon tour, à l’aube de l’année nouvelle, d’adresser à vos mandants, à vous-mêmes, à vos collaborateurs et à vos familles, mes vœux de santé, de bonheur et de prospérité, dans un monde en paix.
Ainsi que vous l’avez vécu avec nous, sur le plan sécuritaire, l’année 2017 aura été des plus éprouvantes pour le monde en général, pour les pays de la bande sahélo-saharienne et le Burkina Faso en particulier. Les forces du mal n’ont eu de cesse de nous attaquer, faisant de nombreux morts et des blessés qui porteront à vie les séquelles physiques et psychologiques de ces actes barbares et ignobles.
Dans ces épreuves, nous avons toujours bénéficié de votre solidarité agissante.
Comme vous le savez, ensemble avec les autres pays membres du G5-Sahel, des pays amis et organisations internationales, nous avons engagé une lutte implacable contre ces fléaux que sont le terrorisme, l’extrémisme violent et les trafics de tous genres dans notre région.
Mise en place il y a seulement quelques mois, la Force conjointe est en train de monter en puissance et, j’en suis convaincu, saura apporter rapidement la riposte appropriée.
Les résolutions 2359 du 21 juin 2017, et 2391 du 8 décembre 2017 du Conseil de sécurité de l’ONU, précédées de la mission du Conseil de sécurité dans les pays du Sahel, posent les bases et tracent les sillons de l’indispensable accompagnement de la Communauté internationale à cette force. Ce soutien, je l’espère, prendra toute sa dimension lors de la conférence de mobilisation des ressources prévue à Bruxelles en février prochain, ainsi que le laisse présager le fructueux sommet de Paris du 13 décembre 2017.

Monsieur le Doyen du Corps diplomatique
Excellences
Mesdames et Messieurs

Malgré les épreuves que lui impose une conjoncture nationale et internationale difficile, notre peuple a continué avec courage et abnégation de construire son destin, en consolidant la démocratie et en renforçant les bases de son développement.
La mise en place du Programme d’urgence pour le sahel procède de cette volonté du Gouvernement de répondre plus efficacement aux besoins et aux préoccupations des populations de cette région.
En effet, la dernière campagne agricole a été difficile, avec une production céréalière déficitaire qui nécessite la solidarité internationale pour appuyer la mise en œuvre du plan de riposte à l’insécurité alimentaire élaboré par le Gouvernement.
Excellences
Mesdames et Messieurs

La solidarité véritable, celle qui doit être le fondement même du concept de « communauté internationale » n’a pas toujours été effective. Pire, face à certaines situations révoltantes, il nous est arrivé de manquer d’anticipation, souvent de promptitude et d’audace dans nos réactions.
Les cas des migrants qui tentent désespérément, et au péril de leur vie, de rejoindre l’Europe pour un soi-disant mieux-être et ces Africains vendus en tant qu’esclaves dans le désert libyen, rappellent cruellement à nos Etats leurs devoirs, et aux dirigeants leurs responsabilités.
Plus que jamais, nous devons travailler à tarir les sources de ces ignominies, par l’augmentation quantitative et qualitative de l’offre éducative et de formation, la création d’emplois, le développement d’initiatives et de projets de fixation des jeunes dans leurs terroirs.


La communauté internationale doit soutenir les efforts de tous ces pays qui, avec parfois de réelles difficultés, ont résolument engagé des politiques volontaristes d’investissement dans ces domaines.
De même, en ce qui concerne le désarmement et la non-prolifération des armes, nos incantations doivent céder le pas à des actions concrètes de renforcement de la confiance. Mieux, nous devons davantage nous mobiliser pour un désarmement véritable, dont le dividende serait dévolu à des programmes d’utilisation pacifique et de développement.
Enfin, comment oublier la dégradation de l’environnement et le changement climatique contre lesquels nous devons mener un combat sans merci, débarrassés de nos orgueils et de nos certitudes.
Je voudrais réitérer ici la pleine validité de l’Accord de Paris et de tous les arrangements que nous avons ensemble adoptés et appeler à leur respect, car ils constituent un consensus minimum pour assurer la survie de notre planète.
Au cours de l’année écoulée, j’ai eu le plaisir d’effectuer des visites officielles ou d’amitié et de travail dans certains de vos pays, et de rencontrer également les premiers responsables d’organisations internationales et interafricaines.
En retour, des dirigeants nous ont fait l’honneur de visites au Burkina Faso.
Ces visites et ces rencontres nous ont permis de raffermir des relations déjà solides et une coopération mutuellement fructueuse. Elles ont été par ailleurs de formidables opportunités d’échanges et de partages féconds sur les préoccupations majeures actuelles de notre monde. Je me réjouis à ce propos de la convergence de vues que nous avons toujours eue, et je puis vous assurer que le Burkina Faso, pays de paix et d’hospitalité, ne ménagera aucun effort pour continuer de cultiver et de nourrir ces relations amicales et fraternelles.
A l’évidence, les chantiers et les échéances de 2018 augurent d’une année de grands défis.
La paix et la sécurité seront encore, hélas, au cœur de nos préoccupations.
S’il convient de se réjouir de l’affaiblissement des groupes terroristes au Moyen-Orient, il faut craindre un repli de certains de leurs membres dans des zones vulnérables comme celle du Sahel, fortement fragilisée par diverses crises. Nous devons donc adapter nos stratégies et méthodes de lutte, à un moment où nos efforts commencent à porter des fruits. Je ne doute pas que nous pourrons bénéficier à nouveau de la coopération de tous pour réussir ce combat.
En outre, plusieurs pays ou régions sont encore en proie à des crises larvées ou à des conflits ouverts.
Mon souhait est que ces situations de crise voient leur dénouement en 2018.
Pour sa part, le Burkina Faso continuera d’apporter autant que possible sa contribution aux efforts de stabilisation, de restauration ou de maintien de la paix.
Enfin, la croissance, l’atteinte des objectifs du développement durable, l’accélération de l’intégration sous régionale et africaine, le renforcement de la coopération internationale et la réforme des institutions internationales pour plus de démocratie, de solidarité et d’équité, sont les autres combats que nous devons absolument gagner.

Mesdames et Messieurs les membres de la communauté diplomatique

Au nom du peuple burkinabè, je voudrais traduire ma gratitude aux peuples et aux Gouvernements des pays que vous représentez, qui accueillent et intègrent avec la plus grande hospitalité et dans la fraternité, nos compatriotes à travers le monde.
Dans l’espoir qu’ensemble avec nos efforts conjugués nous pourrons créer les conditions nécessaires à l’éclosion d’un monde plus solidaire, plus sûr, et de progrès, je vous présente à nouveau mes vœux de bonne et heureuse année 2018.

Je vous remercie.

MESSAGE A LA NATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABORE PRESIDENT DU FASO, PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES

Ouagadougou, le 31 décembre 2017

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes de l’intérieur et de l’extérieur

Dans quelques heures, l’année 2017 va s’achever pour faire place à 2018.

Au moment de m’adresser à vous, j’ai en mémoire que cela fait deux ans que je suis en fonction en tant que Président du Faso, grâce à la confiance que vous m’avez accordée pour présider aux destinées de notre chère patrie.

Permettez-moi de vous renouveler ma gratitude et de vous rassurer que cette confiance ne sera pas trahie.

Avec la mise en œuvre du Plan National de Développement Economique et Social, le référentiel sur lequel je me suis engagé à « Bâtir avec le peuple, un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice », nous avons de solides raisons d’espérer.

La relance économique s’opère et est porteuse de perspectives meilleures.

Le contexte particulièrement hostile dans lequel j’ai démarré mon mandat n’a nullement entamé mes ambitions pour notre pays.

L’adversité a plutôt renforcé ma détermination, car rien de grand, de bien et de durable ne peut se réaliser sans un minimum d’épreuves et donc d’effort et de sacrifices individuels et collectifs.

Il n’est pas ici le lieu pour moi de me livrer à un quelconque bilan exhaustif des actions multiformes du Gouvernement, mais il convient de saluer à sa juste valeur, la construction de nombreux logements sociaux, les chantiers d’infrastructures routières, scolaires et sanitaires, les efforts déployés pour la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes, l’augmentation du nombre de forages, le renforcement du système d’adduction d‘eau potable, la multiplication du nombre de localités raccordées à la SONABEL ou à l’éclairage solaire. Ces avancées ont été réalisées, malgré toutes les vicissitudes qui ont jalonné l’année qui s’achève.

Au regard des attentes des Burkinabè au plan national, tout cela peut paraitre insuffisant, mais ce qui n’a pas pu se réaliser dans les secteurs sociaux et du développement depuis 57 ans, ne peut l’être en deux ans de mandat.

C’est pourquoi, j’en appelle à la patience et à davantage d’optimisme sur l’avenir. L’urgence nous commande de mettre fin à l’incivisme et aux actes de défiance vis-à-vis des institutions de l’Etat et des autorités qui les incarnent.

Ces attitudes ne sauraient perdurer sans remettre dangereusement en cause les fondements même de notre Nation, de notre progrès social et de nos acquis démocratiques.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes

L’année 2017 aura été marquée par une certaine agitation sur le front social, dans plusieurs secteurs, avec de fortes attentes quelques fois teintées d’irréalisme et d’impatience.

Nous devons nous convaincre que nous ne pourrons réformer efficacement nos institutions et moderniser notre administration sans nous départir des mauvaises pratiques et habitudes qui pèsent sur la qualité des services publics et la gouvernance vertueuse que nous souhaitons de tous nos vœux.

Ce n’est pas en nous enlisant dans l’incivisme, dans les grèves perlées et le dialogue de sourd que nous pourrons accélérer le développement au profit de tous.

La persistance des revendications salariales et les demandes d’amélioration des conditions de vie des travailleurs dans les différents secteurs posent avec acuité et urgence la nécessité d’une réforme du système des rémunérations dans la fonction publique pour plus d’équité et de justice sociale.

Il importe de mettre fin à la méthode qui consiste à régler les revendications de travailleurs au cas par cas. Une telle démarche ne prend pas en compte la nécessaire vision d’ensemble qui devrait présider à toute initiative destinée à satisfaire les revendications des fonctionnaires.

Cette approche a eu entres autres pour conséquence d’entrainer des distorsions énormes de traitements qui doivent être corrigées.

Force est de reconnaitre qu’en matière salariale, quelles que soient la pertinence et la réalité des revendications, il n’est plus possible de continuer à avoir une approche sectorielle qui a conduit à l’impasse dans laquelle se trouvent notre fonction publique et notre économie dont les capacités internes d’investissement en faveur de la grande majorité des Burkinabè sont mises à rude épreuve.

C’est pourquoi, j’annonce que dès le mois de Février, le Gouvernement engagera cette réforme du système des rémunérations en concertation avec les partenaires sociaux et les autres composantes de la Nation pour donner naissance à une fonction publique moderne, dynamique, tournée vers le développement et au service exclusif des usagers.

Peuple du Burkina Faso
Chers Concitoyens de l’intérieur et de l’extérieur

A l’aube de l’année nouvelle, j’ai une pensée particulière pour toutes les victimes civiles et militaires du terrorisme. Je compatis à la douleur de leurs familles meurtries par leur disparition.

Je salue nos vaillantes Forces de Défense et de Sécurité et leur réitère mes encouragements et mon soutien indéfectible. Leur diligence et leur montée en puissance sur le front de la lutte contre le terrorisme et l’insécurité nous rassurent.

Grâce à notre détermination commune à rester debout, nous reprenons progressivement le dessus sur les forces du mal qui profitent des rancœurs de certains de nos compatriotes pour s’en prendre à notre Nation, à notre vivre ensemble et à notre unité. Quels que soient nos désaccords sur la manière de gérer nos affaires communes, rien ne peut justifier que l’on jette en pâture notre patrie aux marchands d’illusions et de la mort.

Le Burkina Faso ne cèdera pas à la terreur, d’où qu’elle vienne.

L’opérationnalisation en cours de la force conjointe du G5 sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les trafics illégaux de tous genres, grâce à l’aide de nos partenaires, participera sans nul doute à anéantir ces forces du mal.

Toujours sur le front de la paix et de la stabilité, je me réjouis qu’à la suite du Forum sur la sécurité qui s’est tenu du 24 au 26 octobre dernier, nous ayons désormais une feuille de route claire et consensuelle, dont la mise en œuvre devrait permettre d’instaurer un système de sécurité efficace et responsable.

Par ailleurs, l’adoption de la loi de programmation militaire quinquennale permettra d’impacter non seulement les conditions de vie, et de travail de nos forces, tout en assurant la permanence de l’opérationnalité et l’efficacité de nos hommes sur le terrain.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes

Garant de l’indépendance de la justice, j’invite particulièrement les acteurs de la justice à répondre aux attentes légitimes de lumière et de vérité pour les martyrs de toutes nos luttes, mais aussi pour tous ceux qui ont soif de justice dans notre pays. La fierté que nous éprouvons d’avoir un système judiciaire indépendant n’a de sens que s’il permet à tous les justiciables de pouvoir compter sur des juges intègres, impartiaux et soucieux de contribuer à l’avènement d’une société où la règle de droit s’impose comme la principale boussole.

C’est à ces conditions que les attentes pressantes sur l’ensemble des dossiers pendants devant les juridictions pourront connaitre un aboutissement diligent pour la plus grande satisfaction de tous.

C’est le lieu pour moi de saluer les efforts de la communauté des magistrats et du monde judiciaire pour la quête d’un système judiciaire efficace.

De même, le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale devra tout mettre en œuvre pour formuler, le plus rapidement possible, des solutions aux dossiers dont il a été saisi.

Je réitère mon engagement à faire de la vérité, de la justice et de la réconciliation nationale, les pierres angulaires de notre commune volonté de rassembler tous les fils et filles du Burkina Faso autour et dans l’œuvre de construction nationale.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes

Je m’étais engagé à doter notre pays d’une nouvelle Constitution, celle qui marquera le passage de la quatrième République à la cinquième.

En effet, la commission chargée de l’élaboration du projet de constitution m’a remis son rapport au cours du mois de novembre.

Je voudrais adresser mes félicitations aux membres de cette commission et à son président qui ont mis l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toutes autres considérations, pour aboutir à un projet consensuel.

Pour ce qui concerne son adoption, j’entamerai dans les jours à venir, des rencontres de concertation avec toutes les forces vives de la Nation afin de dégager un consensus fécond sur son mode d’adoption. La validation de ce nouveau contrat social permettra d’approfondir la démocratie et de garantir notre marche commune vers le progrès social et la justice pour tous.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes

L’année 2018 verra également l’opérationnalisation du Régime d’Assurance-Maladie Universelle dont la mise en œuvre graduelle renforcera la prise en charge des questions de santé au profit de nos populations.

A cet effet, je voudrais encourager tous les bénéficiaires à développer les bonnes pratiques afin de pérenniser ce système de prise en charge collective de la santé de tous et de chacun.

L’année nouvelle connaitra en outre la mise en place du Haut Conseil du dialogue social, instrument par excellence de la concertation permanente avec les partenaires sociaux.

Conformément à mon engagement d’impliquer la diaspora dans l’œuvre de construction nationale, j’annonce la tenue du premier forum de la diaspora dans le courant du premier semestre 2018.

Ce cadre permettra d’échanger de façon approfondie avec nos compatriotes sur les défis à relever ensemble.

Dans le même sens, le Gouvernement rendra opérationnel le dispositif du vote des Burkinabè de l’étranger.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes

Mon engagement pour le changement n’est pas à négocier avec les forces rétrogrades qui tentent de déstabiliser notre pays. Avec le peuple burkinabè, j’ai la lourde responsabilité de bâtir un Burkina Faso d’opportunités pour tous.

C’est pourquoi j’en appelle à la responsabilité citoyenne de chacun et de chacune pour la consolidation de la démocratie et du progrès.

C’est ensemble que nous pourrons relever les nombreux défis qui se posent à nous dans le respect de l’autorité de l’Etat et des lois de la République.

Je voudrais solennellement inviter les familles burkinabè à s’impliquer davantage pour la culture et la promotion des valeurs citoyennes.

Je voudrais saluer l’implication du monde paysan et des travailleurs des secteurs publics et privés qui a permis à notre économie de renouer avec la croissance malgré une campagne agricole et un contexte international, particulièrement difficiles.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes

En ces périodes de fin d’année, je pense aux malades et aux personnes en difficultés qui attendent ou poursuivent des soins à domicile ou dans nos formations sanitaires. Je leur souhaite un prompt rétablissement tout en adressant mes encouragements au corps médical qui se dévoue pour leur apporter les soins adéquats.

Je voudrais exprimer aux autorités coutumières et religieuses qui sans cesse portent le Burkina Faso dans leurs prières, la reconnaissance de la Nation pour toutes leurs initiatives de conservation de nos valeurs fondamentales et celles en faveur de la paix, et de la cohésion sociale.

J’ai également, en ces périodes de fête, une pensée pour les personnes vivant avec un handicap.

A toutes les composantes de la Nation, aux Burkinabè des villes et des campagnes, à nos compatriotes de la diaspora, aux travailleurs du secteur public et du privé, aux paysans, aux élèves, aux étudiants, aux enseignants, aux commerçants, je salue leurs efforts et je leur souhaite une excellente année 2018.

Aux soldats qui sont en mission sur le théâtre des opérations, aux Forces de défense et de sécurité mobilisées partout pour l’exécution de leurs missions, à tous les volontaires qui règlementent la circulation, particulièrement en ces derniers jours de l’année, je salue la bravoure et le courage.

Aux partenaires techniques et financiers du Burkina Faso, je renouvelle ma gratitude et je leur adresse mes meilleurs voeux pour l'année nouvelle.

Enfin, je salue les membres des communautés étrangères qui nous ont fait l’honneur de s’établir sur la terre libre et hospitalière du Burkina Faso.

Je leur adresse mes vœux de paix, de santé, de partage, de bonheur et de prospérité pour 2018.

Bonne et heureuse année 2018 à toutes et à tous.
Dieu bénisse le Burkina Faso.

REPONSE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABORE AUX VŒUX DES CORPS CONSTITUES DE L’ETAT

PRESIDENCE DU FASO BURKINA FASO
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Unité – Progrès – Justice



 

Ouagadougou, le 29 décembre 2017


Monsieur le Premier Ministre

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale

Monsieur le Président du Conseil constitutionnel

Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution

Messieurs les Anciens Chefs d’Etat

Monsieur le Chef de file de l’Opposition politique

Mesdames et Messieurs les ministres
Distingués représentantes et représentants des Corps Constitués de l’Etat

Honorables Invités

Mesdames et Messieurs


La cérémonie de présentation de vœux des corps constitués de l’Etat est un moment important de la vie de la nation où nous devons marquer une halte pour prendre la mesure du chemin parcouru durant l’année écoulée en vue de faire face aux défis à relever.

Distingués membres des Corps Constitués

Je suis sensible aux vœux que vous venez de formuler à mon endroit et à celui de ma famille.
Je vous remercie et souhaite en retour, pour chacun de vous personnellement, pour vos familles respectives et pour tous ceux que vous portez dans vos cœurs, une année 2018 de bonne santé, de bonheur et de plein accomplissement de vos légitimes et profondes aspirations.
L’année 2017 qui s’achève, a été marquée au plan international, entre autres, selon le Fonds Monétaire International, par une reprise progressive de l’activité économique dans 75% des pays dont le Burkina Faso. L’Afrique, bien qu’étant un des continents le moins responsable du changement climatique, en est paradoxalement le plus vulnérable. Cette menace globale doit être enrayée, faute de quoi, il faudra s’attendre à des conséquences directes sur le quotidien de nos populations.
En effet, si la montée du niveau de la mer, consécutive à la fonte des glaces, peut sembler une menace lointaine pour un pays enclavé comme le Burkina Faso, la baisse de la production céréalière, résultante des perturbations des saisons est par contre un effet concret qui risque de se faire sentir partout dans le monde.
La région Ouest africaine quant à elle a été marquée en 2017 par la recrudescence des attaques terroristes dans la bande sahélo-sahélienne dont notre pays fait partie.
Ces attaques ont fait de nombreuses victimes et des blessés au Burkina Faso durant l’année 2017.
Comme vous le savez, le G5 sahel s’est résolument engagé à opérationnaliser sa force conjointe pour une lutte plus efficace contre le terrorisme et l’insécurité au Sahel.
Ce combat sans merci contre les réseaux terroristes et les trafiquants de tous ordres qui écument la région contribuera à consolider la paix et à lever les contraintes liées à l’insécurité qui pèsent sur les économies de nos Etats.
A ces difficultés au sahel s’ajoutent la crise migratoire et tous les drames humains qui y sont associés et qui font l’objet d’une condamnation unanime des Africains et du monde entier.
Permettez-moi de m’incliner devant la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie au cours des différentes attaques que notre pays a subies.
Je tiens à saluer particulièrement la bravoure et l’abnégation de nos forces de défense et de sécurité qui ne ménagent aucun effort pour sécuriser au mieux notre pays.
Tous mes vœux de prompt rétablissement accompagnent les blessés.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Notre pays aurait pu donner une plus grande amplitude à sa croissance économique et aux investissements dans les secteurs prioritaires et productifs, n’eut été d’une part, les défis sécuritaires, et de l’autre, les grèves à répétition dont les conséquences sont dommageables pour l’économie nationale.
La production céréalière prévisionnelle de la campagne agricole 2017-2018 sera déficitaire par rapport à la campagne précédente. Les facteurs de ce déficit se résument aux poches de sécheresse, à l’arrêt précoce des pluies, aux attaques des prédateurs. En plus de la production céréalière, les cultures de rente connaissent également une légère baisse.
Face à cette situation qui préoccupe les Burkinabè, je veux rassurer qu’un plan de riposte à l’insécurité alimentaire a déjà été élaboré par le Gouvernement pour faire face à la période de soudure.


Distingués membres des Corps Constitués
Mesdames et Messieurs

La cérémonie de présentation des vœux constitue également une excellente occasion d’interpellation, pour nous inviter toutes et tous, à cultiver l’esprit de collaboration, l’abnégation et l’ardeur au travail, la solidarité et l’intégrité pour améliorer nos capacités individuelles et collectives à participer au développement économique, social et culturel de notre pays.
Tout en appréciant à sa juste valeur les acquis et les résultats obtenus par les efforts des Burkinabè sur les différents chantiers de la construction nationale, je dois inviter nos compatriotes à plus d’engagement pour permettre à notre peuple de réaliser ses aspirations profondes et légitimes.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Je prends bonne note des attentes légitimes de l’ensemble des composantes des corps constitués de l’Etat qui ont été formulées à l’instant par votre porte-parole.
C’est pourquoi, je lance un appel solennel à tous les acteurs de la communauté nationale, principalement les corps constitués, afin qu’ensemble, nous poursuivions la construction de l’Etat de droit par la transformation structurelle de l’économie burkinabè pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents pour tous et induisant l’amélioration du bien-être social.

Mesdames et Messieurs

L’année 2017 a été marquée par de nombreux mouvements sociaux qui se sont traduits par des sit-in et des grèves à répétition, par moments, dans le non- respect de la législation en la matière.
Ces derniers jours, des élèves et des jeunes, sous prétexte de soutenir les mouvements de grève des enseignants barrent les routes et bloquent le trafic national et international avec tous les désagréments et les conséquences fâcheuses qui en découlent notamment aux plans économique, sécuritaire et de la mobilité.
Il est évident aujourd’hui, qu’en matière de satisfaction des revendications salariales, il n’est plus possible de continuer à imaginer des solutions au cas par cas, en dehors d’une approche d’ensemble, à l’échelle de la fonction publique. C’est un impératif de justice sociale et d’équité que je me dois de faire absolument et nécessairement respecter.
C’est pourquoi je lance un appel aux syndicats de l’éducation pour observer la plus grande retenue, dictée par le sens de la responsabilité, car il s’agit ici de l’avenir immédiat de l’école burkinabè et donc de celui de nos enfants.
J’invite donc tous les partenaires sociaux à la modération, afin qu’ensemble, dans un esprit constructif, nous engagions une réflexion globale pour trouver les solutions appropriées à leurs préoccupations, sans hypothéquer l’avenir des générations présentes et futures.
Œuvrons toutes et tous, à faire de 2018, une année d’avancée de la réconciliation nationale, de consolidation de la paix sociale et d’engagement collectif au travail.
C’est à ces conditions que nous pourrons poursuivre l’édification d’un Burkina Faso prospère, pour tous ses fils et filles.
C’est sur cette note d’optimisme que je réitère mes souhaits de bonne et heureuse année 2018 à toutes et à tous.

Je vous remercie