Le Mali exprime sa compassion et sa solidarité avec le Burkina

Le Premier Ministre malien, Monsieur Modibo KeÏta est arrivé le dimanche 17 janvier 2016 à Ouagadougou. A sa descente d’avion, il a été accueilli par son homologue burkinabè, Monsieur Paul Kaba THIEBA. 

A la tête d’une forte délégation, Monsieur Modibo KeÏta est venu au nom du Président Ibrahim Boubacar KEÏTA, témoigner la solidarité du peuple malien avec le peuple burkinabè victime d’attaques terroristes.

Monsieur Modibo KEÏTA a ensuite été reçu à la présidence du Faso par le Chef de l’Etat, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE à qui il a remis un message du Président malien, Monsieur Ibrahim Boubacar KEÏTA : « J’ai été investi de la confiance du Président du Mali pour venir remettre à son frère  et ami, le Président KABORE, un message. Je lui ai transmis ce message qui s’inscrit dans le cadre des relations d’amitié et de fraternité qui existent entre nos deux peuples. Il s’inscrit également dans le cadre des évènements tragiques qui viennent de se passer dans ce pays frère. Ces évènements, le Mali les connait. Il était donc de notre devoir, de venir ici exprimer notre compassion et dire que nous sommes décidés d’aller ensemble main dans la main pour lutter contre le terrorisme et le djihadisme », s’est exprimé le Premier Ministre Modibo KEÏTA à l’issue de l’audience avec le Président du Faso. 

L’hôte du Président Roch Marc Christian KABORE reconnait qu’il y a des efforts immenses à faire car les défis sont nombreux à relever, comme ceux liés au développement, à la sécurité, à la consolidation du tissu social. Il se réjouit de savoir que le Président du Faso a une analyse parfaite de la situation : « Il nous faut mutualiser nos efforts. Nous avons des structures de concertation entre les deux pays et nous devrons les activer, notamment la grande commission mixte de la coopération. Il faudrait donc une coopération transfrontalière non seulement avec les autorités administratives et aussi entre nos Forces de Défense et de Sécurité. Nous devrons faire cela ensemble en rapport avec les autres pays de l’espace sahélien », a poursuivi Monsieur Modibo KEÏTA. 

Pour lui, le Mali n’accompagne pas le peuple burkinabè dans cette dure épreuve, le Mali est corps et âme avec le peuple burkinabè. En parlant d’actions concrètes, le chef du Gouvernement  malien évoque la question de patrouilles mixtes le long des frontières entre les deux pays tout en échangeant les expériences, l’organisation des réunions périodiques entre les animateurs des structures frontalières. Au niveau régional comme le G5, le Premier ministre Modibo KEÏTA insiste sur l’instauration d’un groupe d’intervention rapide pour sécuriser les pays membres.

Après le palais présidentiel, le Premier ministre malien et sa délégation, accompagnés par le chef du gouvernement burkinabè, du ministre d’Etat, ministre en charge de la Sécurité et celui des Affaires étrangères se sont rendus sur le site de l’attaque. Ils ont pu ainsi voir l’ampleur des dégâts sur l’avenue Kwamé N’KRUMAH, de l’hôtel Splendid, du restaurant Capuccino et de l’hôtel Yibi.

Message à la Nation de Son Excellence Monsieur ROCH MARC CHRISTIAN KABORE Président du Faso,Chef de l’Etat

PEUPLE DU BURKINA FASO

CONCITOYENNES ET

CONCITOYENS 

Hier 15 janvier 2016, pour la première fois de son histoire, notre  pays a été victime d’une série d’attaques terroristes barbares, ignobles, d’une ampleur sans précédent, et d’une lâcheté inouïe.

D’abord, dans l’après-midi, dans le secteur d’Ina Bao, dans la province de l’Oudalan, un convoi officiel de la Gendarmerie nationale a été attaqué, faisant deux morts et deux blessés dont un dans un état critique.

Ensuite, dans la soirée, à Ouagadougou, à l’Hôtel Splendid, à l’hôtel Yibi et au café Capuccino,  une attaque armée suivie d’une prise d’otages a occasionné, selon un bilan provisoire : 

  • 28 morts ;
  • une cinquantaine de blessés civils ;
  • 4 blessés parmi les forces de défense et de sécurité dont 1 militaire français, deux policiers et 1 militaire burkinabè ;
  • 3 terroristes tués pour le moment, le ratissage étant toujours en cours ;
  • 156 otages libérés.

Enfin, toujours dans la nuit du 15 au 16 janvier, le Docteur Kenneth Arthur Elliot et son épouse Joceline de nationalité australienne, installés à Djibo depuis 1972 et responsables de la clinique Elliot dans cette localité ont été enlevés. Une alerte générale a été donnée aux forces de défense et de sécurité dans la zone pour les retrouver et capturer les auteurs de cet enlèvement.

Au nom du Peuple burkinabè, du Gouvernement et à mon nom personnel, j’adresse mes condoléances aux familles éplorées victimes de ces actes terroristes. Tous mes vœux de prompt rétablissement accompagnent les personnes blessées.

Je tiens à saluer le professionnalisme et la solidarité entre les forces de défense et de sécurité burkinabè et les forces spéciales françaises et américaines qui ont permis de lancer et de conduire avec succès l’offensive contre ces terroristes.

PEUPLE DU BURKINA FASO

CONCITOYENNES ET

CONCITOYENS

Ces actes criminels, d’une rare barbarie, perpétrés contre d’innocentes personnes et que l’organisation criminelle Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) vient de revendiquer visent à déstabiliser notre pays et ses institutions  républicaines et à saper les efforts de construction d’une nation démocratique, paisible et prospère.

Or, c’est pour reconquérir, préserver et consolider ces valeurs de démocratie, d’Etat de droit, de justice, de liberté et de progrès que notre peuple insurgé s’est battu, depuis les 30 et 31 octobre 2014 et lors du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015, jusqu’au succès des élections couplées présidentielle et législatives du 29 novembre 2015, marquant le retour à une vie constitutionnelle normale au Burkina Faso.

Aujourd’hui encore, face à ces terroristes et à leurs actes ignobles, nous devons nous mobiliser pour apporter la riposte appropriée afin de les mettre hors d’état de nuire. 

Ma conviction est établie que dans l’unité et la cohésion nationale, nous sortirons victorieux de cette guerre qu’ils imposent à notre Peuple ainsi qu’à tous les autres peuples du monde, épris de paix et de liberté.

D’ores et déjà, le Gouvernement a reçu les instructions pour prendre les mesures qu’exigent les circonstances, en vue de renforcer la sécurité de nos Institutions, de nos lieux sensibles et publics ainsi que celle de nos frontières et des entrées de nos grandes villes.

Nous devons les mettre en œuvre dans la rigueur et la discipline parce que désormais la lutte anti-terroriste fait partie de notre quotidien.

PEUPLE DU BURKINA FASO

CONCITOYENNES ET

CONCITOYENS

Lors de mon discours d’investiture le 29 décembre dernier, je rappelais notamment qu’« Au moment où j’accède à la plus haute charge de l’Etat, la situation sécuritaire dans le monde en général et dans la sous-région ouest africaine en particulier est préoccupante en raison de l’ampleur des menaces et actions terroristes. 

C’est pourquoi nous devons mutualiser nos moyens de défense, nos informations, entre nos pays et de concert avec tous les autres pays qui luttent contre le terrorisme dans le monde pour présenter un front uni contre ces fléaux qui menacent l’existence même de nos Etats ».

Devant ce lourd bilan humain que ces forces du mal ont infligé à notre peuple et à ses amis d’autres pays en visite au Burkina Faso, la nation burkinabè reste sous le choc.

Aussi, ai-je décidé, qu’à compter du dimanche 17 janvier 2016, un deuil national de 3 jours sera observé sur l’ensemble du territoire national et dans toutes les représentations diplomatiques et consulaires du Burkina Faso à l’étranger.

PEUPLE DU BURKINA FASO

CONCITOYENNES ET CONCITOYENS

En ces moments difficiles pour la nation, je vous invite à rester déterminés parce que notre engagement commun pour un Burkina démocratique et prospère est plus fort que jamais.

Aussi, voudrais-je inviter les populations à la vigilance et à la franche collaboration avec les forces de défense et de sécurité pour dénoncer toute personne ou toute situation suspecte dans les meilleurs délais.

Uni et déterminé contre le terrorisme et toutes les forces du mal dirigés contre notre pays, le Peuple burkinabè restera toujours victorieux.

VIVE LE PEUPLE BURKINABE !

VIVE LA SOLIDARITE NATIONALE ET INTERNATIONALE !

QUE DIEU BENISSE LE BURKINA FASO !

JE VOUS REMERCIE.

Un Conseil des ministres extraordinaire sur les attaques terroristes menées au Burkina Faso

Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE a présidé le samedi 16 janvier 2016, un Conseil des ministres extraordinaire pour examiner la situation des attaques terroristes suivies de prises d’otages dont notre pays est victime depuis le vendredi 15 janvier 2016.  

A l’issue du Conseil extraordinaire, le Premier ministre a fait une déclaration à la presse. 

A la question de savoir si la situation était sous contrôle,  Paul Kaba THIEBA a répondu par l’affirmative : « sur la base des informations que nous avons reçues des Forces de Défenses et de Sécurité, nous pouvons dire oui. Le Chef de l’Etat et moi-même avons fait le déplacement de l’hôtel Splendid pour prendre connaissance de la situation sécuritaire. Nous pensons que la situation est globalement sous contrôle dans cette zone. Mais il se peut qu’il y ait encore des éléments infiltrés, des éléments qui sont activement recherchés. C’est pourquoi nous appelons la population à la vigilance sans céder à la panique.  Les Forces de Défenses et de Sécurité font leur travail, et nous demandons à tous ceux qui ont des informations pouvant les aider à les leur transmettre afin qu’elles puissent bien accomplir leur mission ».

Sur un possible lien entre les différentes attaques, (Ina Bao dans l’Oudalan, Djibo dans le Soum et l’attaque du Splendid et de Yibi), le Premier ministre a été on ne peut plus clair : « c’est évident. On n’a pas besoin de faire des enquêtes pour le prouver : attaquer un convoi de gendarmerie, enlever un couple australien à Djibo et mener une  attaque de cette ampleur  sur l’avenue Kwamé N’KRUMAH avec une violence inouïe qui est sans précédent dans notre pays. On n’a pas besoin d’enquêtes pour savoir qu’il s’agit d’actions coordonnées. Mais, dans son histoire le peuple burkinabè a eu à faire face à des défis beaucoup plus élevés, nous saurons faire face à cette situation avec le soutien de la  population »,  a dit Paul Kaba THIEBA.

Concernant la composition du commando qui a attaqué sur  l’avenue Kwamé N’KRUMAH, le Premier ministre a confirmé qu’il y avait des femmes parmi les assaillants. 

Les attaques sanglantes des terroristes contre le Burkina Faso « sont des actes ignobles et lâches », a déclaré le Président Roch Marc Christian KABORE

Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE, s’est rendu en début de matinée de ce samedi 16 janvier  2016 à l’hôtel Splendid, l’une des cibles attaquées par des terroristes suivie de prise d’otages dans la soirée du vendredi  15 janvier 2016. Une opération revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Accompagné par le Premier ministre Paul Kaba THIEBA et quelques membres du gouvernement, le Chef de l’Etat a initié cette visite  pour aller voir l’ampleur des dégâts et exprimer la compassion et le soutien du gouvernement non seulement  aux victimes mais également à toute la population burkinabè : « La situation que nous vivons au Burkina Faso depuis hier est une situation inédite et comme vous le voyez, coordonnée puisque nous avons d’abord eu une première attaque à Tin Abao dans le Nord où nous avons eu deux morts et deux blessés dont un grave. Et dès 19h30mns, nous avons eu également l’attaque par AQMI aussi bien de l’hôtel Splendid que du restaurant Cappuccino. Je dois dire que ce sont des actes ignobles, lâches qui ont fait des victimes parmi des personnes innocentes. C’est l’occasion pour moi de présenter les condoléances du gouvernement à toutes  les familles éplorées et également nos vœux de prompt rétablissement aux blessés. Je voudrais simplement souligner que le peuple burkinabè a chèrement conquis sa liberté pour se laisser divertir par des actions de terroristes parce que le terrorisme ne peut pas prospérer dans notre pays. C’est pourquoi nous devons engager aussi bien nos Forces de Défense et de Sécurité que nos populations sur tout ce qu’elles peuvent constater d’anormal, de pouvoir les signaler pour que des dispositions d’urgence puissent être prises », a dit le Président du Faso. 

En vue de combattre le terrorisme dans la sous-région, le Chef de l’Etat invite les pays voisins à fédérer leurs moyens : « Nous sommes dans la zone sahélienne, et  je l’avais déjà dit dans mon discours que  nous ne sommes pas en dehors de cette situation de terrorisme et que par conséquent, il était important qu’avec nos pays voisins nous puissions mutualiser nos moyens d’information, nos moyens militaires pour lutter fermement contre ce fléau », a ajouté le Président Roch Marc Christian KABORE. 

Il a également salué l’engagement de tous ceux qui se sont mobilisés pour faire face à cette attaque et a appelé le peuple  burkinabè à la « vigilance » et au « courage » : « Le terrorisme   peut empêcher le pays d’avoir sa liberté, de pouvoir se développer et nous devons montrer que le Burkina Faso  a une longue histoire et nous n’avons jamais plié l’échine devant quoique ce soit et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer. C’est pourquoi  je voulais saisir cette opportunité pour saluer nos Forces de Défense et de Sécurité, pour saluer tous les médecins, la Croix  Rouge et toutes les bonnes volontés qui ont participé à cette action.  Je salue la coopération militaire que nous avons eue avec les Forces spéciales françaises et américaines qui ont permis aujourd’hui d’avoir une situation de visibilité un peu claire. Le travail se poursuit et nous aurons l’opportunité de faire un bilan le plutôt possible. Nous appelons le peuple burkinabè, et à la vigilance, et au courage parce que nous devons nous battre maintenant  et intégrer les actions de terrorisme comme partie inhérente de notre combat quotidien pour le développement de notre pays », a conclu le Président du Faso. 

 

Première Assemblée Générale du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale(HCRUN) Allocution de SEM Roch Marc Christian Kabore Président du Faso

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs.

Je voudrais tout d’abord, vous adresser à toutes et à tous, mes félicitations pour votre désignation en tant que membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale. 

La Commission de la Réconciliation Nationale et des Réformes dont vous héritez du travail, et dont certains d’entre vous ici présents ont été membres, a établi un inventaire exhaustif des crimes économiques et de sang de 1960 à nos jours qui n’ont jamais fait l’objet de règlement satisfaisant.

Plus de 5000 cas sont ainsi concernés. Ce sont des traumatismes, des lésions, des injustices subis par des victimes, des ayants droit, des Burkinabè.

Ces traumatismes et injustices constituent des évènements perturbateurs de la cohésion nationale et accentuent le sentiment d’impunité au sein de nos populations. 

Il est temps que les Burkinabè se parlent, non pas dans le cadre d’une tribune de vengeance ou de revendication de toute nature, mais dans le cadre d’une tribune de vérité comme facteur de réconciliation et de pardon, pour un mieux vivre ensemble. 

Comme je l’ai déclaré lors de mon investiture, « la réconciliation nationale sera le socle de mon programme, la paix, le moteur ; la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels ».

Cette fondation doit être la plus solide possible pour que notre maison commune le Burkina, puisse résister à toutes les épreuves. 

C’est donc dire l’importance que j’accorderai tout au long de mon mandat au processus de réconciliation qui devra se fonder sur la vérité, la justice et le pardon.

C’est dire aussi l’importance que représente le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale. 

Etablir la vérité, évaluer les préjudices, indemniser les victimes et les ayants droit, mais surtout réconcilier, telles sont, mesdames et messieurs les membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale, les attentes de la nation de votre noble et délicate mission.

Il vous appartiendra d’adapter les mesures de réparation à notre contexte socio-culturel et surtout aux réalités de nos finances publiques.

Pour cela, vous devez et devrez transcender tous les clivages, qu’ils soient d’ordres ethnique, religieux ou de toute autre nature, et garder à l’esprit l’intérêt supérieur qui est celui de la concorde nationale.

Cette première Assemblée générale étant consacrée à la mise en place de vos organes, je vous souhaite une bonne séance élective, et plein succès à vos travaux.