Un Conseil des ministres extraordinaire sur les attaques terroristes menées au Burkina Faso

Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE a présidé le samedi 16 janvier 2016, un Conseil des ministres extraordinaire pour examiner la situation des attaques terroristes suivies de prises d’otages dont notre pays est victime depuis le vendredi 15 janvier 2016.  

A l’issue du Conseil extraordinaire, le Premier ministre a fait une déclaration à la presse. 

A la question de savoir si la situation était sous contrôle,  Paul Kaba THIEBA a répondu par l’affirmative : « sur la base des informations que nous avons reçues des Forces de Défenses et de Sécurité, nous pouvons dire oui. Le Chef de l’Etat et moi-même avons fait le déplacement de l’hôtel Splendid pour prendre connaissance de la situation sécuritaire. Nous pensons que la situation est globalement sous contrôle dans cette zone. Mais il se peut qu’il y ait encore des éléments infiltrés, des éléments qui sont activement recherchés. C’est pourquoi nous appelons la population à la vigilance sans céder à la panique.  Les Forces de Défenses et de Sécurité font leur travail, et nous demandons à tous ceux qui ont des informations pouvant les aider à les leur transmettre afin qu’elles puissent bien accomplir leur mission ».

Sur un possible lien entre les différentes attaques, (Ina Bao dans l’Oudalan, Djibo dans le Soum et l’attaque du Splendid et de Yibi), le Premier ministre a été on ne peut plus clair : « c’est évident. On n’a pas besoin de faire des enquêtes pour le prouver : attaquer un convoi de gendarmerie, enlever un couple australien à Djibo et mener une  attaque de cette ampleur  sur l’avenue Kwamé N’KRUMAH avec une violence inouïe qui est sans précédent dans notre pays. On n’a pas besoin d’enquêtes pour savoir qu’il s’agit d’actions coordonnées. Mais, dans son histoire le peuple burkinabè a eu à faire face à des défis beaucoup plus élevés, nous saurons faire face à cette situation avec le soutien de la  population »,  a dit Paul Kaba THIEBA.

Concernant la composition du commando qui a attaqué sur  l’avenue Kwamé N’KRUMAH, le Premier ministre a confirmé qu’il y avait des femmes parmi les assaillants. 

Les attaques sanglantes des terroristes contre le Burkina Faso « sont des actes ignobles et lâches », a déclaré le Président Roch Marc Christian KABORE

Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE, s’est rendu en début de matinée de ce samedi 16 janvier  2016 à l’hôtel Splendid, l’une des cibles attaquées par des terroristes suivie de prise d’otages dans la soirée du vendredi  15 janvier 2016. Une opération revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Accompagné par le Premier ministre Paul Kaba THIEBA et quelques membres du gouvernement, le Chef de l’Etat a initié cette visite  pour aller voir l’ampleur des dégâts et exprimer la compassion et le soutien du gouvernement non seulement  aux victimes mais également à toute la population burkinabè : « La situation que nous vivons au Burkina Faso depuis hier est une situation inédite et comme vous le voyez, coordonnée puisque nous avons d’abord eu une première attaque à Tin Abao dans le Nord où nous avons eu deux morts et deux blessés dont un grave. Et dès 19h30mns, nous avons eu également l’attaque par AQMI aussi bien de l’hôtel Splendid que du restaurant Cappuccino. Je dois dire que ce sont des actes ignobles, lâches qui ont fait des victimes parmi des personnes innocentes. C’est l’occasion pour moi de présenter les condoléances du gouvernement à toutes  les familles éplorées et également nos vœux de prompt rétablissement aux blessés. Je voudrais simplement souligner que le peuple burkinabè a chèrement conquis sa liberté pour se laisser divertir par des actions de terroristes parce que le terrorisme ne peut pas prospérer dans notre pays. C’est pourquoi nous devons engager aussi bien nos Forces de Défense et de Sécurité que nos populations sur tout ce qu’elles peuvent constater d’anormal, de pouvoir les signaler pour que des dispositions d’urgence puissent être prises », a dit le Président du Faso. 

En vue de combattre le terrorisme dans la sous-région, le Chef de l’Etat invite les pays voisins à fédérer leurs moyens : « Nous sommes dans la zone sahélienne, et  je l’avais déjà dit dans mon discours que  nous ne sommes pas en dehors de cette situation de terrorisme et que par conséquent, il était important qu’avec nos pays voisins nous puissions mutualiser nos moyens d’information, nos moyens militaires pour lutter fermement contre ce fléau », a ajouté le Président Roch Marc Christian KABORE. 

Il a également salué l’engagement de tous ceux qui se sont mobilisés pour faire face à cette attaque et a appelé le peuple  burkinabè à la « vigilance » et au « courage » : « Le terrorisme   peut empêcher le pays d’avoir sa liberté, de pouvoir se développer et nous devons montrer que le Burkina Faso  a une longue histoire et nous n’avons jamais plié l’échine devant quoique ce soit et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer. C’est pourquoi  je voulais saisir cette opportunité pour saluer nos Forces de Défense et de Sécurité, pour saluer tous les médecins, la Croix  Rouge et toutes les bonnes volontés qui ont participé à cette action.  Je salue la coopération militaire que nous avons eue avec les Forces spéciales françaises et américaines qui ont permis aujourd’hui d’avoir une situation de visibilité un peu claire. Le travail se poursuit et nous aurons l’opportunité de faire un bilan le plutôt possible. Nous appelons le peuple burkinabè, et à la vigilance, et au courage parce que nous devons nous battre maintenant  et intégrer les actions de terrorisme comme partie inhérente de notre combat quotidien pour le développement de notre pays », a conclu le Président du Faso. 

 

Première Assemblée Générale du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale(HCRUN) Allocution de SEM Roch Marc Christian Kabore Président du Faso

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs.

Je voudrais tout d’abord, vous adresser à toutes et à tous, mes félicitations pour votre désignation en tant que membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale. 

La Commission de la Réconciliation Nationale et des Réformes dont vous héritez du travail, et dont certains d’entre vous ici présents ont été membres, a établi un inventaire exhaustif des crimes économiques et de sang de 1960 à nos jours qui n’ont jamais fait l’objet de règlement satisfaisant.

Plus de 5000 cas sont ainsi concernés. Ce sont des traumatismes, des lésions, des injustices subis par des victimes, des ayants droit, des Burkinabè.

Ces traumatismes et injustices constituent des évènements perturbateurs de la cohésion nationale et accentuent le sentiment d’impunité au sein de nos populations. 

Il est temps que les Burkinabè se parlent, non pas dans le cadre d’une tribune de vengeance ou de revendication de toute nature, mais dans le cadre d’une tribune de vérité comme facteur de réconciliation et de pardon, pour un mieux vivre ensemble. 

Comme je l’ai déclaré lors de mon investiture, « la réconciliation nationale sera le socle de mon programme, la paix, le moteur ; la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels ».

Cette fondation doit être la plus solide possible pour que notre maison commune le Burkina, puisse résister à toutes les épreuves. 

C’est donc dire l’importance que j’accorderai tout au long de mon mandat au processus de réconciliation qui devra se fonder sur la vérité, la justice et le pardon.

C’est dire aussi l’importance que représente le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale. 

Etablir la vérité, évaluer les préjudices, indemniser les victimes et les ayants droit, mais surtout réconcilier, telles sont, mesdames et messieurs les membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale, les attentes de la nation de votre noble et délicate mission.

Il vous appartiendra d’adapter les mesures de réparation à notre contexte socio-culturel et surtout aux réalités de nos finances publiques.

Pour cela, vous devez et devrez transcender tous les clivages, qu’ils soient d’ordres ethnique, religieux ou de toute autre nature, et garder à l’esprit l’intérêt supérieur qui est celui de la concorde nationale.

Cette première Assemblée générale étant consacrée à la mise en place de vos organes, je vous souhaite une bonne séance élective, et plein succès à vos travaux.

Installation des membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale : « La réconciliation nationale sera le socle de mon programme, la paix, le moteur ; la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels », déclare Roch Ma

Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE a présidé la cérémonie d’installation des membres  du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale, (HCRUN), ce vendredi 15 janvier 2016 au Conseil économique et social. Cette nouvelle structure rattachée à la Présidence du Faso est une émanation de la Commission  de la Réconciliation nationale et des Réformes présidée par Mgr Paul OUEDRAOGO. 

Selon Mme Lucienne Ariane ZOMA, représentante des membres du HCRUN, leur structure, forte de 21 membres a la charge d’assurer entre autres, le traitement de plus de 5065 dossiers déjà enregistrés ainsi que ceux en cours d’enregistrement.

 « Les traumatismes et injustices constituent des évènements perturbateurs de la cohésion nationale et accentuent le sentiment d’impunité au sein de nos populations. Il est temps que les Burkinabè se parlent, non pas dans le cadre d’une tribune de vengeance ou de revendication de toute nature, mais dans le cadre d’une tribune de vérité comme facteur de réconciliation et de pardon, pour un mieux vivre ensemble », a dit le Président du Faso pendant la cérémonie.

Il a rappelé l’importance qu’il accordera tout au long de son mandat au processus de réconciliation qui devra se fonder sur la vérité, la justice et le pardon : « la réconciliation nationale sera le socle de mon programme, la paix, le moteur ; la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels ». 

Le Président Roch Marc Christian KABORE a donc décliné  ses attentes aux sages du HCRUN: « Etablir la vérité, évaluer les préjudices, indemniser les victimes et les ayants droit, mais surtout réconcilier, telles sont, mesdames et messieurs les membres du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale, les attentes de la nation de votre noble et délicate mission. Il vous appartiendra d’adapter les mesures de réparation à notre contexte socio-culturel et surtout aux réalités de nos finances publiques. Pour cela, vous devez et devrez transcender tous les clivages, qu’ils soient d’ordres ethnique, religieux ou de toute autre nature, et garder à l’esprit l’intérêt supérieur qui est celui de la concorde nationale ».

A l’issue de cette installation officielle, les membres du HCRUN vont, à travers leur assemblée générale, désigner par vote les membres du Comité exécutif. Faut-il le rappeler, les 21 membres du  HCRUN ont été désignés par le Président du Faso, le Premier ministre et le Président du Conseil national de la Transition.

Le HCRUN a un mandat de cinq  ans et peut être prolongé en cas de nécessité. Il a pour mission essentielle de rechercher et de situer les responsabilités de crimes et toutes autres violations graves des droits humains à caractère politique non encore élucidées de 1960 à nos jours. En ce sens,  les membres du Haut conseil sont chargés de proposer toute suite susceptible de contribuer à guérir ou à soulager les traumatismes subis par les victimes ou ayants droit.

Remise du rapport 2014 de l’ASCE /LC au Président du Faso : 822 millions de F CFA de malversations diagnostiquées

Le Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE a reçu le rapport 2014 de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE/LC) le 14 janvier 2016 à Ouagadougou

Le rapport 2014 de l’ASCE/LC a été remis au Président du Faso en présence du Premier ministre, S.E.M. Paul Kaba THIEBA,  par le Contrôleur général de l’institution, Monsieur Luc Marius IBRIGA. 

Selon Monsieur IBRIGA, la remise du rapport devrait intervenir en décembre 2015, mais les évènements de septembre 2015 notamment le putsch manqué, n’ont pas permis de le faire à temps. Tout compte fait, il a indiqué que ce rapport  met en évidence, les tares et les mauvaises pratiques au niveau de l’administration burkinabè : « La première tare qu’il faut souligner, c’est l’absence de pratique institutionnelle. Notre administration est férue de textes mais les pratiques sont en dehors des textes. Deuxièmement, l’Etat a créé plusieurs  fonds mais ceux-ci  fonctionnent selon des critères qui sont vagues et imprécis. Ce qui  donne lieu au favoritisme, au clientélisme et à la corruption. En termes de malversations, les contrôles ont permis de diagnostiquer en 2014,  près de 822 millions de F CFA de malversations. Et dans ce montant, ce sont les détournements  de fonds et les manquants de caisse qui sont les éléments les plus importants. D’année en année, ces détournements de fonds ont augmenté. En 2013, nous étions à 2%  et brusquement en 2014, ce taux est passé à près de  92% », a révélé le Contrôleur général  de l’ASCE /LC. 

Au regard de cette donne, Monsieur Luc Marius IBRIGA a estimé qu’il y a un besoin de contrôle régulier et rigoureux.

En ce qui concerne les marchés publics, le Contrôleur général a souligné que l’analyse de 2014 montre une concordance du rapport de l’ASCE /LC  avec celui du Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) : « Les marchés publics deviennent des lieux où les textes ne sont pas respectés, l’exécution physique est mal faite et l’exécution financière laisse à désirer. D’où là aussi, le fait  que  nous avons beaucoup de textes  mais qui ne sont pas mis en œuvre. Voilà pourquoi, nous avons dit à leurs Excellences Monsieur le  Président du Faso et  Monsieur le Premier ministre  qu’il est important que l’on mette en place une chaine pénale spéciale pour véritablement sanctionner les crimes économiques. De ce point de vue, le Président du Faso et  le Premier ministre ont  montré leur adhésion à ce que nous leur avons proposé.  Ils  ont précisé de manière  claire,  que  tous ceux qui sont mis en cause dans les rapports de l’ASCE /LC, feront l’objet de mesures administratives en attendant que la justice puisse agir. Ensuite, l’ASCE/LC va faire en sorte que ces personnes viennent lui dire de quelle manière, elles vont rembourser. En ce moment, nous allons user de ce que la loi nous donne comme prérogatives »,  a déclaré le Contrôleur général Luc Marius IBRIGA

Par ailleurs, Monsieur IBRIGA a dit compter sur la presse, car dans l’avenir de l’ASCE/LC, les journalistes d’investigation auront leur place dans le comité d’orientation qui va veiller à ce que l’institution lutte mieux contre la corruption.